2020

Publié le 13 Décembre 2020

La mort n'est que le début...de l'enquête du médecin légiste : Prof. Silke Grabherr

Un retour à la réalité qui éteint les illusions des adeptes de fictions ( Body of Proof, NCIS, Experts...). La professeure Silke Grabherr confronte le roman à la véracité du rôle primordial du médecin légiste.

Les lecteurs aguerris aiment se détendre devant une série télévisée où le tueur ou le violeur est interpellé au bout de quarante-cinq minutes. Cependant, retranscrit dans la vraie vie, les résolutions de crimes demeurent sur le travail de diverses équipes déterminées qui possèdent chacune une spécialisation. Le légiste travaille sur un corps, les enquêteurs prospectent, les juges questionnent...

 

L'auteur explique de manière limpide les techniques utilisées, le respect des scènes de crime. Elle pose les limites du médecin légiste. Elle redéfinit son rôle. La Suisse est considérée comme un pays leader en la matière; les professeurs expliquent à leurs homologues dans d'autres pays du monde les évolutions technologiques.

L'avantage de ce livre se résume comme une enquête de terrain que le lecteur s'enorgueillira d'avoir résolu.

Un livre pour comprendre les rouages d'un métier obscur et étonnant !

Et après ? Émotionnellement robuste, la jeune légiste enchaîne les scènes de crime ici ou ailleurs. Ici, la première fois, le corps qui avait longuement séjourné dans les eaux froides et glauques d'un petit lac était déjà en processus avancé de décomposition. Mais la jeune femme ne tressaille pas. Animée par la seule volonté d'élucider les causes de la mort pour donner des réponses à la famille, elle se met au travail. Parce que finalement ce qui lui importe c'est de trouver les mots justes, une raison, un motif, un coupable peut-être afin que les familles des défunts puissent faire leur deuil...

Qui sont-elles ? Des victimes de violences conjugales, de coups et blessures perpétrés dans la rue, lors d'un cambriolage ou sur le lieu de travail. Des enfants maltraités, des femmes et des hommes ayant subi une agression sexuelle. Mais aussi des personnes suspectées d'avoir commis une agression ou même un meurtre ! Pourquoi ? Parce qu'il est difficile de blesser ou même tuer une personne sans en garder de traces sur soi-même. Le médecin légiste est la personne idéale pour "lire" ce que dit un corps humain. Il a les connaissances nécessaires et les compétences pour examiner les personnes décédées, et les corps vivant n'est pas très différent (à part que le coeur bat et que la personne bouge, évidemment). Donc pourquoi ne pas lire aussi ce que les corps des victimes et des agresseurs ont à

nous dire ? Cela implique toutefois de prendre en compte un paramètre supplémentaire : leur corps ne dit pas toujours la même chose que leur bouche ! Et c'est là que se trouve la grande différence entre l'examen des morts et des vivants : les morts ne mentent pas.

Pour faire le lien entre un profil ADN de trace et celui d'une personne, il existe plusieurs codifications, ce qui rend l'interprète aveugle et élimine tout risque de "tricher" sur le résultat. Par conséquent, il est parfaitement illusoire de mettre un profil ADN dans un ordinateur et de voir, par le jeu d'un algorithme, la photographie du suspect s'afficher en quelques secondes. Cela n'existe que dans les fictions.

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Rédigé par toujoursalapage

Publié dans #2020, #Un petit suisse, #Favre, #Silke Grabherr, #NCIS

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Publié le 5 Décembre 2020

TERRIEN,T'ES RIEN : Valott

Avec le confinement, l'humour a pris un mauvais coup. Ce serait sans compter sans Valott, un dessinateur à l'humour caustique.

Un dessinateur est un confiné confirmé. Il maîtrise l'art de s'enfermer et de travailler sur un sujet pour donner le meilleur de lui-même.

Le fléau du coronavirus a poussé l'artiste dans un plus grand retranchement pour faire comprendre à l'Homme que parfois nos réactions sont disproportionnées. Il croque nos travers, nos inquiétudes et les conséquences d'une pandémie mondiale. La raillerie justement dosée permet de dédramatiser la situation. Nos réactions tournées en dérision engendrent une jolie prise de conscience.

le trait fin illustre des idées uniques. Les figures de style se retrouvent à la fois dans les lignes épurées mais aussi dans les textes qui éclairent davantage le message. 

A glisser sous le sapin !

"Le monde allait trop vite !!!"

Le risque de quarantaine engendre une ruée irrationnelle sur les stocks de papier toilette, tout le monde pensant être au bout du rouleau, surtout ceux qui en tienne une double couche.
Je ne pouvais pas rater l'occasion de pourfendre la propreté légendaire de la Suisse.

Le virus s'attaque à la Grande Pomme.
Le ver est dans le fruit.

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Rédigé par toujoursalapage

Publié dans #Un petit suisse, #Bande dessinée, #2020, #Valott, #Jacques Vallotton

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Publié le 21 Octobre 2020

DEVENIR : Michelle Obama

Les autobiographies ne sont pas ma tasse de thé ou de café (selon l'humeur). Mais Netflix a su m'attirer par le biais d'un reportage consacré à Madame Michelle Obama. 

Comment s'expliquer que des familles américaines politiquement engagées puissent marquer les esprits ? Je l'ignore. Cependant, comprendre le point de vue d'une première dame m'intéressait.

Michelle Obama revient sur son enfant dans un quartier défavorisé de Chicago. Elle exprime ses souffrances face à la mort d'une de ses amies (partie trop jeune) puis le décès de son père (adoré). Elle exprime sa volonté de réussite qui demeure un leitmotiv dans la famille. Ce désir de réussite faisant disparaître le choix de carrière. Michelle, après des études d'avocate, s'aperçoit que ce cursus ne la comble pas.

 

Par la description de sa rencontre avec Barack, leur relation et leur union, Michelle Obama offre sa vision intimiste de sa vie privée. La politique entrant dans leur vie bouleverse les attentes de Michelle. Elle se retrouve en première ligne, confrontée à un monde de convenances, d'étiquettes et de protocoles. Cette période de sa vie ne semble pas la plus épanouie.

 

Autobiographie sincère et authentique qui permet de comprendre le charisme de Michelle Obama qui n'est aux yeux du peuple pas QUE la femme de Barack.

 

 

En vérité, je n'en avais pas la moindre idée. J'ignorais si nous étions aussi intelligents qu'eux.
Tout ce dont j'étais sûre, c'est que nous étions les meilleurs élèves d'une école majoritairement noire, réputée médiocre, située dans un quartier majoritairement noire et médiocre. Et si ça n'était pas suffisant? Et si, après tout, nous n'étions que les meilleurs des pires?

Tout cela me laissait sceptique, L'expérience m'avait appris qu'il suffisait de faire enfiler un costume à un Noir plus ou moins intelligent pour que les Blancs perdent la boule. Je doutais qu'il soit à la hauteur de ce battage. J'avais regardé sa photo dans l'édition d'été de notre annuaire du personnel - un portrait tout sauf flatteur, mal éclairé, d'un type avec un grand sourire et un petit côté intello. Je n'avais pas été franchement emballée. A en croire son CV, il venait de Hawaï - au moins, voilà qui faisait de lui un polard plutôt exotique. Quant au reste, rien à signaler. Mon seul motif d'étonnement remontait à quelques semaines, le jour où je lui avait passé un coup de fil rapide pour me présenter. J'avais été agréablement surprise par la voix que j'avais entendue à l'autre bout

du fil - un timbre de baryton chaud, et même sexy, qui ne collait pas du tout avec sa photo,

En vérité, Washington me déroutait, avec ses traditions bienséantes et son nombrilisme posé, sa blancheur et sa masculinité, ses dames condamnées à déjeuner de leur côté. Au plus profond de ma confusion s'était logée une peur : alors que je n'avais pas choisi d'être mêlée à tout ça, je craignais d'être irrésistiblement aspirée. Cela faisait douze ans que j'étais Mme Obama, mais, tout à coup, cela revêtait un tout autre sens. Dans certaines sphères du moins, j'étais désormais Mme Obama d'une manière qui pouvait avoir quelque chose de dégradant, une madame entièrement définie par son monsieur, J'étais la femme de Barack Obama, la rock star de la politique, le seul Noir au Sénat - l'homme qui avait parlé d'espoir et de tolérance en des termes si poignants et si forts qu'il était dorénavant

suivi d'un essaim d'attentes.

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Publié le 7 Octobre 2020

L'amour égorgé : Patrice Trigano

Le Surréalisme, un sacré mouvement, qui a ébranlé les consciences défilant avec l'arrogance de sa jeunesse et de ses auteurs engagés les vestiges de la création.

Prenons le bras de René Crevel pour arpenter les subtilités de cet art créatif ! Entrons dans les débats animés, les vindicatives et luttons auprès de ces auteurs enragés et férus de modernité.

L'entrée en matière se fait violente par l'image de René découvrant le corps pendu de son père que sa mère acariâtre invective encore. Crevel côtoie les plus grands de ce mouvement en marche : Cocteau, Eluard, Dali, Giacometti... Il participe aux réunions sous haute tension, Breton au commande. 

Patrice Trigano peint au vitriol une époque de bouleversements, le fascisme est aux portes de l'Allemagne, le communiste pénètre les cercles d'intellectuels. L'Art doit se nourrir d'un autre imaginaire, piochant dans des nouvelles techniques de création. La drogue et le sexe s'entrechoquent pour anéantir le passé. Dans ce désir de liberté artistique et surtout littéraire, les témoins du passé demeurent les arbitres d'un match révolutionnaire.

A lire pour comprendre de l'intérieur les défis, les désillusions , les victoires et les échecs d'un mouvement artistique incommensurable !

L'émotion de René était grande face à l'homme d'âge mûr qui avait pour lui une valeur de symbole : le guide d'une jeunesse qui souhaite tourner le dos à un monde qui ne lui convient pas, le maître à penser d'une génération montante en quête de liberté. Une des phrases lui revenait : "Brûlons nos livres inutiles, détruisons nos souvenirs, brisons les attaches du passé." Il mourait d'envie de lui dire que si la vie avait commencé le jour où il a découvert Rimbaud et Lautréamont, celle-ci n'avait pris tout son sens qu'avec la lecture des Nourritures terrestres:...

Dominant la vallée, le sanatorium de Davos était une sorte de paquebot des neiges dont la proue était la grande terrasse s'ouvrant sur un paysage immaculé. Tout y était blanc, les couloirs, les murs des chambres, les blouses du personnel, les lits métalliques, les draps, la céramique des cabinets de toilette...Les nuits blanches, elles aussi. Blanc, la couleur de l'oubli, de l'absence, de l'abîme.

- Mon cher, L'Âge d'or est une invitation aux abîmes de l'horreur. Seule la subversion est à même de déranger les habitudes léthargiques qui nous conduisent au pire. Qui peut prétendre connaître les hommes sans avoir été confronté à la méchanceté, à la perversité qui demeurent comme un dépôt en suspension dans les tréfonds de la psyché humaine? Pourquoi vouloir nier que le mal est en l'homme et qu'il le fascine?

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Rédigé par toujoursalapage

Publié dans #2020, #le surréalisme, #André Breton,, #Gide, #Cocteau, #Crevel

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Publié le 7 Août 2020

Via Francigena, De Canterbury au col du Grand-Saint-Bernard, de Julien Moulin

A l’heure de redécouvrir les jolies régions qui nous entourent, Julien Moulin nous offre un guide intéressant. Les pèlerins ou les globe-trotteurs trouveront un autre chemin de méditation. Tout la population connaît le chemin de Saint-Jacques de Compostelle, la Via Francigena est moins connu et apporte des découvertes incroyables sur le plan architectural et religieux. Les promeneurs cheminent de Londres en Suisse en passant par la France. De belles découvertes en perspective.

 

Le guide apporte des informations sur le nombre de kilomètres. Les indications sont succinctes mais très claires, une carte à gauche reprend le tracé de l’itinéraire. Cette subtilité permet de visualiser rapidement le chemin à parcourir. Des photographies illustrent agréable ce guide. 

 

Bonne route !

Votre périple débute à Canterbury au pied de son imposante cathédrale. L’étape anglaise, sans difficulté particulière, est une vraie mise en jambe avec près de 30km à parcourir à travers les plaines du sud de l’Angleterre jusqu’au bord de la Manche, à Dover.


« NOTRE-DAME-DE-LORETTE
C’est la plus grande nécropole nationale de France qui regroupe les corps d’environ 43 000 soldats morts pendant la Première Guerre mondiale.
Au centre du cimetière se trouvent une basilique ainsi qu’une tour-lanterne à l’allure d’un phare côtier dont le faisceau lumineux est destiné à rappeler le souvenir des milliers de combattants.
Le 1er novembre 2014 est inauguré un mémorial international comportant les noms de 600 000 soldats tombés sur les champs de bataille du Nord-Pas-de-Calais entre 1914 et 1918, par ordre alphabétique et sans distinction de nationalités, appelé Anneau de la Mémoire. Ce lieu nous permet de réfléchir à l’absurdité de toute guerre et aux souffrances engendrées pour ces soldats et leurs familles.

VEVEY-AIGLE-27KM
Une étape de transition entre les bords du Lac Léman et la plaine du Rhône . La visite du château de Chillon est un point fort de la journée qui se termine au pied d’un autre lieu chargé d’histoire : le château d’Aigle.

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Rédigé par toujoursalapage

Publié dans #2020, #Via Francigena, #Julien Moulin

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Publié le 1 Août 2020

Puisque tu m'aimes de Jeanine Boissard

Lou une adolescente pleine d’énergie se trouve confronter à divers incendies. Normal, elle est pompière volontaire auprès de son oncle, chef de la caserne et valeureux combattant du feu et son cousin faisant ses classes avec elle. Une vraie famille de sauveteur. 

 

Cependant, la famille subit de nombreux drames. Les décès ponctuent leur vie bien remplie. A cela se greffe des incendies suspects. Lou et son petit ami décident de mener l’enquête. Ils ne savent vraiment pas dans quel traquenard ils vont tomber.

 

Le roman se lit avec avidité malgré que l’on détecte dès les premiers chapitres qui est l’auteur de ces feux. Je fais partir de ces lecteurs qui aiment mener l’enquête et être conduit sur de mauvaises pistes. Cependant, cela n’ôte rien à l’intrigue. 

 

Ce roman permet un joli moment de détente à la plage, à la montagne ou dans un transat. A vous de trouver le lieu qui vous convient le mieux.

Sous les cheveux qui grisonnent, le front est semé de rides dont l’une, plus profonde, horizontale, est creusé comme une barre d’arrêt.

Les tempes, elle aussi creusées, dénotent une tendance aux œillères, une difficulté à s’ouvrir à d’autres points de vue que le sien.

Les oreilles sont décollées, ouvertes, signe de grande réception auditive. Le lobe, charnu, indique une bonne tonicité osseuse.

Le froncement de sourcils laisse deviner une colère rentrée. »

La photo l’avait toujours fasciné : pouvoir, d’une pression du doigt, saisir la vie, capter l’âme d’un lieu, d’un objet, d’une personne, quoi de plus fabuleux ? Et l’âme, à l’époque de sexe porno, d’un ciel vide d’au-delà et de la frénésie de tout, tout, tout de suite et toujours plus, le mot lui plaisait bien

Ah ah ah ! Il y en a qui rigolent et parlent de chimères, les ignorants ! Sachez que dans la mythologie grecque, le plus passionnant des polars, le plus trépidant des suspenses, le plus gore des films, la chimère est une créature fantastique et malfaisante dot le corps tient pour moitié du lion, pour l’autre de la chèvre, avec la queue d’un dragon

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Rédigé par toujoursalapage

Publié dans #2020, #roman, #Jeanine Boissard

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Publié le 11 Juillet 2020

Prenons soin de nous : Dr Fabienne Burguière

Dans cette période confuse, chacun cherche une réponse pour prendre soin de soi, de sa famille et de ses amis. 

 

Pour pouvoir aider sa famille ou ses amis, il faut retourner à l’essentiel : SOI, redevenir maître de son corps et de ses émotions. 

 

Sur ce chemin pavé d’embûches, le Dr Fabienne Burguière nous offre un précis de médecine holistique pour comprendre notre corps et notre esprit et leur porter un regard vigilant et bienveillant.

 

Dans ce précis, le lecteur suit pas à pas une aventure vers le soi, intéressante. Il y découvre des explications scientifiques, des anecdotes et des recettes pour retrouver un équilibre naturel. L’humain redevient un élément du tout et non un élément destructeur. 

 

Dr Fabienne Burguière explique de manière ludique un retour aux sources, à l’essentiel. Elle s’abreuve de méthodes ancestrales, revient sur des techniques utilisées et avérées dans l’Antiquité ou dans d’autres contrées. Elle reprend avec justesse les fondamentaux d’une existence paisible et en phase avec la nature. De la marche en pleine conscience aux recettes pour nettoyer son corps physique et mental, la doctoresse nous offre sur un plateau un retour aux sources, à l’essentiel : à soi. Les polluants mentaux, physiques doivent être bannis. En libérant son esprit et son corps des contraintes de la société, en se recentrant sur ses propres besoins et envies, le disciple retrouve le moyen d’embellir sa vie.

« Quand le gluten monte à la tête
A force de se prendre pour une passoire, l’intestin n’est pas heureux et vous le fait sentir : gonflements, flatulences, ballonnements, un transit irrégulier qui va à vau-l’eau ou se bloque plusieurs jours, crampes abdominales, acidité d’estomac, voire nausées : la liste est longue et dépasse parfois le cadre intestinal : la tête (alouette) est souvent touchée avec son lot de céphalées, brouillard mental, envie irrépressible de faire une sieste après le repas, mais aussi baisse d’énergie, voire douleurs articulaires et prise de poids. Si vous souffrez de ces symptômes, réfléchissez à votre alimentation. »

« L’équinoxe est la période de l’année où la durée des jours égale celle des nuits. En l’occurrence, le 20 ou 21 mars et le 22 ou 23 septembre (selon les années). Ces dates signent l’entrée dans le printemps et l’automne. Pour être en harmonie avec la nature, il est recommandé de soutenir notre foie aux équinoxes. »

« 3 huiles essentielles pour atténuer le temps sur votre visage
Dans un petit flacon de verre opaque à la lumière, mélanger (ou demandez à votre pharmacien cette préparation magistrale) :
1 ml d’hélichryse italienne
2 ml de ciste ladanifère
2 ml de rose de Damas
Chaque soir, mélanger 1 goutte de votre fiole à une base d’huile végétale d’argan ou de jojoba et masser votre visage plusieurs minutes.

Le meilleur antirides reste cependant votre sourire. »

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Rédigé par toujoursalapage

Publié dans #soin, #2020, #médecine holistique, #Dr Fabienne Burguière

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Publié le 21 Juin 2020

A la recherche de Karl Kleber : Daniel Sangsue

Un professeur d’université suisse, féru de littérature, découvre dans une librairie des cartons entassés renfermant la vie secrète mais surtout la disparition d’un collègue (parti sans explication en 1997). Le narrateur intrigué par cette affaire part en quête d’une vérité. Mais laquelle ? Karl Kléber est-il vraiment mort ? A-t-il décidé de fuir ? oui mais qui ou quoi ?

 

Dans cette enquête, le narrateur se perd en conjectures, divaguant sur les raisons de cette disparition inexpliquées. Il découvre un Kléber aux deux visages : un homme épris de sa femme mais accumulant les aventures avec ses étudiantes, un personnage lunatique à la fois souriant et taciturne, un homme irréprochable dans la vie quotidienne et un homme aventureux dans sa réelle vie...Qui est donc Kléber ?

 

Je vous laisse mener l’enquête et méfiez-vous des entretiens parfois trompeurs ! De Thoune à Bâle, en passant par Espalion en Aveyron, à travers des références littéraires, vous vous forgerez votre propre réflexion sur cette disparition suspecte.

« Oui, il a disparu, il s’est évanoui dans la nature, comme on dit. Un jour d’été, en 1997, il a quitté son domicile pour se rendre en train à Thoune et il n’est jamais arrivé à destination ni revenu. Il a complètement disparu. Je me souviens que cela avait fait pas mal de bruit à l’époque. Il y a eu des avis de recherche dans la presse, des communiqués à la radio. Mais on n’a jamais retrouvé Kleber : ni son corps, ni aucune trace de lui. Tout à l’heure, je t’ai parlé de sa veuve, mais, en fait, on ne peut pas parler de veuve, puisqu’on ne sait pas si Kleber est mort ou vivant. Cette pauvre femme est décédée sans savoir ce qu’est devenu son mari. C’est terrible, non ? »

« D’une manière générale, j’ai toujours été persuadé que les livres existent pour répondre à nos questions. Il y a les informations que nous recherchons, et puis aussi le savoir que nous n’attendions pas et que les livres nous offrent en surprise. En fait, c’est surtout celui-ci qui nous intéresse, qui nous motive. Selon Pascal Quignard, « ce qui nous pousse à ouvrir des livres les plus divers et les plus incertains, ou encore à terminer des livres alors que leur lecture ne nous satisfait pas, c’est impatiemment la croyance qu’ils vont nous délivrer un savoir que nous n’imaginons pas. »

« Dans Avec Henri Michaux, il n’a relevé qu’un passage, celui où le poète dit à son interlocuteur : « Le temps est quelque chose de sacré. Je considère le temps plutôt comme un rêveur : tout ce qu’on peut rêver en deux heures. Et si je regrette d’avoir passé deux heures en compagnie d’une douzaine de personnes, c’est que je pense à ça : me répandre de façon magnifique et inutile dans le temps. » »

« C’était reparti pour un tour. Quelle scie ! Je commençais à comprendre pourquoi Karl ne s’était pas présenté. Laura était certes séduisante, mais quelle fleur bleue, quelle glue de sentiments ! Après Paul et Virginie, c’était Emma et Rodolphe...Mais j’étais peut-être trop réfractaire aux poncifs : comme si la plénitude de l’âme ne débordait pas quelquefois par les métaphores les plus vides, puisque personne, jamais, ne peut donner l’exacte mesure de ses besoins, ni de ses conceptions, ni des ses douleurs, puisque la parole humaine est comme un chaudron fêlé où nous battons les mélodies à faire danser les ours, quand on voudrait attendrir les étoiles. »

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Rédigé par toujoursalapage

Publié dans #Un petit suisse, #2020, #enquête, #Bâle, #Thoune

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Publié le 12 Juin 2020

Si belles en ce mouroir : Marie Laborde

Pourquoi ce choix ? me demanderez-vous. Pour la découverte d'un monde que je ne connais pas et qui m'angoisse un peu. Je fais partie de ce groupe dont le fait de vieillir ne renvoie pas à une image idyllique de la vie. Certes, on espère rencontrer le grand âge, quand même!

 

Cependant, quand ce sont trois adorables grands-mères qui vous font visiter cette demeure, le lecteur ne reste pas un sensible au charme du lieu. Plus exactement, il ne résiste pas à devenir complice de ces grands-mères fantasques. 

Sur le ton de l'humour et de la plaisanterie, elles dévoilent leurs vies passées avec leurs aléas. Leurs vies n'ont pas été toujours roses mais elles ont su y faire face. Parfois, en poussant très légèrement un homme d'un balcon en construction, parfois pour l'amour d'un chat ou simplement pour revoir un arbre deux fois centenaire. 

L'auteur glisse avec malice et subtilité les problèmes rencontrés dans les Ehpad comme l'absence de soins. le manque de personnel pour les prodiguer, les salaires faibles et enfin l'absence des visites des proches. Mais la mort aussi de certains pensionnaires qui ne dîneront plus à la même table avec les mêmes convives.

Vous allez adorer les virées au réfectoire, les jeux de scrabble mais surtout les sorties non autorisées. Le lecteur deviendra le quatrième membre de la troupe. Les trois mousquetaires de la maison de retraite !

J'étais déterminée à revenir sur le coup de téléphone de Léo, je voulais en finir avec cette histoire. Mais pas le temps de sortir mon cahier de sa cachette qu'un commando de trois blouses blanches a pénétré dans ma chambre (sans frapper). En tête. le docteur Trucmuche, science médicale et autorité. Collé à ses talons : Blanc-Bec, l'interne qui n'est là que parce qu'il n'a pas pu se caser ailleurs, qui ne vous regarde pas en face mais dont les pensées se lisent à livre ouvert : les vieux, c'est moche, ça pue, c'est pas ragoûtant, pas intéressant, et vivement que la visite se termine parce que deux mille amis l'attendent sur Facebook. La troisième blouse blanche, l'infirmière-chef surnommée Madame Pète-Sec, porte les dossiers.

Confite d'amour pour le docteur Trucmuche, elle fait sa compétente super-pro, s'agite pour montrer son efficacité et l'échancrure de sa blouse dévoile comme par inadvertance un soupçon de dentelle noire sur un sein que nul ne saurait voir.

"La vieillesse n'est pas aux vieux.
- Elle est à qui alors? a demandé Grandpied.
- A mon gendre. A ma fille. A la Résidence. Au notaire. Aux impôts. Les voleurs de vieux prennent tout, je n'ai même plus de porte-monnaie avec dix euros parce qu'ils ont peur que je me fasse voler par les aide-soignantes. Et si je préfère être volée par les aide-soignantes plutôt que par eux? Je peux? Non, je ne peux pas. Je ne peux rien. Même voir mon marronnier, je ne peux pas. Je suis très fatiguée.

Le vieux schnock est donc parti pour un grand badada avec Milady Vermine. Nous pleurons sur l'humaine condition devant sa chaise vide et songeons à notre tour qui viendra bientôt.

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Rédigé par toujoursalapage

Publié dans #2020, #Roman, #Marie Laborde, #Ehpad, #retraite

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Publié le 1 Avril 2020

Chanson bretonne/L'enfant et la guerre : Jean Marie Gustave Le Clézio

J'avais envie de fredonner avec cet auteur prolifique une chanson bretonne; texte poétique qui permet à Jean Marie Gustave Le Clézio d'aborder ses origines bretonnes.

 

L'auteur fait un retour nostalgique à l'enfance dépeignant les frasques de sa jeunesse. Ce moment de bien-être alors que la guerre gronde aux portes de la ville. La promenade se veut bucolique, enchanteresse. Avec ce narrateur, le lecteur ressent dans sa propre chair, l'eau qui glisse lors des parties de pêche, l'insouciance des courses effrénées dans les blés hauts. Le lecteur ressent la chaleur du soleil sur sa peau, le goût du sel sur ses lèvres. Il respire la moisson qui s'achève. 

En opposition à sa douce lenteur, la guerre sonne la fin de l'insouciance. L'enfant se confronte à la guerre, au bruit sourd des bombardements, à l'absence de nourriture et surtout à l'absence du père. Le narrateur et son frère vivent entourés de femmes qui les protègent d'un monde inhumain. 

 

Avec une sémantique incroyable, Jean Marie Gustave Le Clézio dépeint avec beauté et retenue un monde qui lui échappe. Il recherche le vide qu'à susciter cette guerre atroce. Par le truchement d'une opposition de la vision d'un enfant face à la réalité des adultes. 

 

Texte magnifique et humain sur l'enfance et l'absence !

Nous ne jouions pas ensemble, nous ne nous parlions pas vraiment. C'était comme si elles avaient grandi dans un autre monde, où les enfants ne rient pas, ne s'amusent pas, mais apprennent très tôt à travailler dans les champs et à la maison. Leurs mains étaient déjà calleuses d'avoir bêché et lavé du linge. Nous aurions pu apprendre le breton à leur contact, comme avec les gosses de la cale, mais sans doute leur avait-on interdit de nous parler dans cette langue, et qu'au contraire on leur avait enjoint d'améliorer leur français et d'apprendre les bonnes manières.

Ces nuits d'été, si calmes, au ciel rempli d'étoiles. Je n'arrive pas à trouver le sommeil. Il me semble que tous mes nerfs sont des cordes vibrantes. Alors je me lève, je passe par la fenêtre du rez-de-chaussée, sans faire de bruit pour ne pas réveiller ma grand-mère qui campe dans la salle à manger. Dehors la lune peint en blanc le chemin qui va vers les dunes. Le vent souffle par rafales, et par-dessus le froissement des aiguilles de pin je perçois une rumeur légère, lointaine, continue comme un bruit de moteur, mais un bruit vivant, régulier, une respiration qui se mêle à mon souffle et aux coups de mon coeur dans les artères de mon cou.
Je n'ai pas peur. Je crois que je n'ai pas peur. (...)

(...) Sans doute parce que je venais d'ailleurs, que je n'étais jamais chez moi nulle part, ballotté, baladé entre la Maurice de mon père, la Bretagne de mes ancêtres et la Nice de mon enfance- il y avait donc une étrangeté au monde, cette déroute, cet exil, et les piliers de pierre dressés vers le ciel, les allées couvertes pareilles à des écailles de dragon, les vaisseaux couchés dans les ajoncs me disaient qu'il y avait un autre monde avant le mien, que j'étais juste de passage...

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Rédigé par toujoursalapage

Publié dans #2020, #Le Clézio, #Roman, #Bretagne, #Nice

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