LE CAUCHEMAR DE SOCRATE : Stanislas Graziani

Publié le 22 Novembre 2021

LE CAUCHEMAR DE SOCRATE : Stanislas Graziani

Si on philosophait à contre-courant ou à courant tout simplement. Posez-vous tranquillement dans un fauteuil, sur votre lit ou une chaise et abordons ensemble de manière ludique la théorie de la maïeutique du jeune esclave, sortons de la caverne pour ouvrir notre esprit, histoire de remettre notre vie en place et surtout en adéquation avec notre être primaire.

 

Oui, celui que vous avez oublié au grand magasin entre le rayon produits de beauté et la Hifi.

Et si par le biais de l’écriture attractive de Stanislas Graziani, le lecteur reprenait le contrôle de la recherche du bonheur pur. Si simplement, l’auteur transposait les théories fumeuses du XXI ème siècle aux grandes philosophies de la Grèce Antique.

 

Au détour d’un suicide collectif deux, Daniel et Tom (pas vraiment en phase avec leur siècle) se retrouvent des siècles plus tôt au milieu d’homme et de femme en quête du bonheur. La confrontation risque d’être sportive surtout si les deux protagonistes transposent leur théorie politicienne, artiste à un monde idéal. La philosophie grecque posait la pensée, la réflexion comme seul équilibre de l’Homme, le XXIème siècle propose d’atteindre le bonheur par la possession du matériel (Travailler plus pour dépenser plus pour des biens matériels) Le siècle de Daniel et Tom devient illusoire et ne comble pas l’Homme, la société l’inonde de superficiel en guise de réponse à la quête du bonheur.

 

Très agréable moment de lecture qui redéfinit notre notion de bonheur. Merci pour cette plongée réaliste dans notre être et dans nos comportements absurdes pour combler un vide créer par une société de consommation. L’humour y est incisif et mordant, parfois corrosif. Ça frappe fort et ça fait mal à notre bien collectif.

 

« Elle lui expliqua avec passion que la Beauté de Socrate, c’était son accès unique au monde des idées, qui lui avait révélé sa vraie nature, qui lui avait permis de comprendre et d’accepter qui elle était. Il l’avait guidée vers son Daemon intérieur, qui à présent l’emmenait sur la voie de la sagesse. »

« Daniel reprit. « On s’est mis d’accord pour une alternance. Chacun à notre tour, on incarne le renouveau et le changement. Le peuple qui vote fait donc, à chaque élection, le choix de mettre fin à la politique désastreuse du précédent. »
L’ambassadeur prit une grande respiration comme pour laisser infuser en lui ce schéma révolutionnaire. Il avait beau chercher, il n’y trouva pas la faille.
« Du coup, vous n’avez pas besoin d’assassiner vos opposants ?
- Au contraire, ils se disent que tout va changer. Comme publiquement ils s’opposent sur tout, les citoyens ne peuvent se douter qu’en réalité, ils ne travaillent qu’à nous enrichir. L’espoir fait vivre. »

« Alors, le nouveau mot d’ordre c’est : ignore-toi toi-même. Leur Daemon, là, il faut qu’ils l’oublient. Jusqu’à son existence. »
Iphys se dit qu’il serait plus aisé de faire croire à un chat qu’il n’aime pas les souris, mais Daniel, pour avoir vécu l’avènement de la télé-réalité, savait que cette mission n’avait rien d’impossible. »

Rédigé par toujoursalapage

Publié dans #2021, #roman, #philosophie, #Stanislas Graziani, #Edition Beaurepaire

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