2021

Publié le 9 Juin 2021

La puissance du cœur, Oracle du cœur : Françoise Clerc

Comme chacun le sait ou s’en doute, je suis assez ouverte d’esprit quant à mes choix de lectures, aux diverses philosophies que l’on décide ou non de suivre. La liberté de l’esprit reste pour chaque individu le moyen d’être soi et d’accepter que son opinion demeure unique.

 

J’ai reçu, dernièrement, un paquet contenant une boite composée d’un livret et de 42 cartes. Ma curiosité l’a emporté. J’ai débuté ma lecture par le livret explicatif pour comprendre le but des cartes et la signification de chacune d’entre elles.

 

Françoise Clerc, guérisseuse, offre des clefs pour se comprendre, comprendre sa place dans l’univers et ouvrir (certains diraient leurs chakras, d’autres diraient leur esprit) son cœur aux champs des possibles.

 

Le concept demeure ludique : vous posez une question importante sur un sujet qui vous touche, puis vous tirez une carte dans le paquet que vous avez préalablement battu et disposé en éventail devant vous. La carte prise en main (main gauche) ne vous donne pas une réponse exacte mais une piste de réflexion.

Sans vous dévoiler ma question- voici la réponse :

« La porte,

Nous sommes là, juste derrière la porte.

Elle est déjà entrebâillée.

Vous hésitez encore à l’ouvrir complètement par peur de ce que vous allez découvrir.

N’hésitez plus, ouvrez votre cœur et la porte l’imitera d’elle-même. »

 

A vous de vous laisser glisser dans l’oracle du cœur ! Une réponse correspondra surement à vos attentes. Dans cette expectative, ouvrez votre esprit. Pour les plus récalcitrants, essayez juste pour voir, cela ne peut absolument pas vous faire de mal. Nul n’est tenu d’y croire, il faut juste garder une part de mystère qui demeure endormi en nous.

La manufacture de l'objet est très agréable. La couleur verte renvoie à la notion d'espoir et de bienêtre. Le coeur demeure au centre de toutes les attentions. Choyez le votre !

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Rédigé par toujoursalapage

Publié dans #2021, #chakras, #coeur, #Favre, #guérisseuse

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Publié le 26 Mai 2021

TOUT EST BON DANS LE BRETON : Fabien Delettres

Tout est bon dans le breton, surtout son humour et ce n'est pas Fabien Delettres, breton de naissance, qui dira le contraire.

 

Préparez-vous à faire travailler vos zygomatiques ! De l'anecdote en passant par les jeux de mots, les noms des villages et la perception du breton face aux parisiens, vous allez découvrir un monde encore inconnu "L'Armorique". L'humour est décapant, parfois corrosif mais jamais méchant.

Tous les clichés sont passés au crible pour notre plus grand bonheur !

Enfin : "Mieux vaut se réveiller avec une gueule de bois qu'avec une tête de con."

Bonne lecture !

Les Bretons sont tous frères parce qu'ils ont Quimper"

- Toi, si tu as le choix entre Parkinson ou Alzeimer, tu choisis quoi?
- PARKINSON, Bien-sûr ! Je préfère renverser la moitié de mon verre plutôt que d'oublier de le boire.

J comme Jaille
Partir en taille c'est comme partir en riboul ! Pour les non.initiés, c'est faire la fête. Alors attention, si vous partez faire la taille avec des autochtones, le rythme de lever de coude risque d'être soutenu, car comme ils disent ici : "Un verre, ça va, trois verres...ça va, ça va, ça va!"

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Rédigé par toujoursalapage

Publié dans #2021, #Mon coin BD, #Breton, #Humour, #Fabien Delettres, #Casa éditions

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Publié le 13 Mai 2021

MANGER BIEN ASSOCIE Olivier Bourquin

Dans la vie, bien se nourrir est une priorité pour combattre les infections, rester en forme pour profiter de la vie ... (et j’en passe) Toutes les excuses sont bonnes pour passer des fourneaux à une table joliment dressée. Pas besoin d’invitation, l’idée est de reprendre les rênes d’une alimentation riche et variée seul ou entre amis.

 

Après avoir entendu tout et son contraire sur la manière de se restaurer, avoir lu diverses méthodes pour rester en forme et le sacro-saint précepte des cinq fruits et légumes par jour asséner à chaque fin de spot publicitaire, j’ai découvert le livre d’Olivier Bourquin (ancien entraineur de l’équipe suisse de tennis).

L’idée de ce livre repose sur une première partie qui remet en place la chaîne des aliments et leur bienfait en les combinant, dans la deuxième partie (et c’est là que réside la subtilité) des recettes mettant en pratique le concept.

Olivier Bourquin propose aussi des menus pour une semaine protéinée. Vous trouverez des recettes faciles à réaliser avec des aliments sains.

Rösti aux oméga 3 est divin : le temps de préparation, de cuisson et la difficulté sont indiqués. Pour le goûter, des barres d’énergie au chocolat sans cuisson se composant de noix de cajou, cacahuète, dattes...feront le bonheur des enfants et des sportifs. Pour les papilles de midi, laissez-vous emporter par le sauté de bœuf aux brocolis.

 

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Rédigé par toujoursalapage

Publié dans #2021

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Publié le 31 Mars 2021

Soigner les vivants et parler aux morts : Brigitte Favre

Qui ne s’est jamais posé la question d’une vie ou non après la mort ? Le débat peut être fastidieux, souvent infructueux car il laisse tout à chacun le choix de croire ou non à une vie après notre existence charnelle. Brigitte Favre, par le biais de ce livre, essaie d’expliquer l’enchevêtrement de son travail de thérapeute avec celui de médium.

Elle tend à démontrer que les défunts bienveillants veillent sur les vivants et les guident vers un bien-être. Dans ces séances d’analyses, des esprits s’invitent pour dialoguer et apporter un soutien bénéfique à ses patients. Elle détermine que les objectifs de la médiumnité et la psychanalyse peuvent interagir au profit du patient.

Cependant, pour atteindre cette connexion, il faut accepter le postulat suivant : la mort n’est pas une fin en soi mais une porte ouverte vers un « état » de béatitude et de bien-être. L’enveloppe charnelle meurt et se dissout tandis que l’âme reste libre. Les morts côtoient en permanence les vivants.

Les vivants perçoivent parfois leur présence ; un parfum, un lieu fait resurgir des éléments du passé vécus avec le défunt. Brigitte Favre accompagne positivement l’acceptation du deuil.

Certes, j’admet que l’association des deux méthodes si elles apportent un réconfort au patient peut tout à fait être un plus dans le processus d’acceptation du deuil d’un être proche, mais il faut rester vigilant dans l’accompagnement des personnes fragilisées. Brigitte Favre veille à ne pas mélanger les deux techniques en confiant parfois ses patients à un collègue ou à un médium selon le rendez-vous pris dans un premier temps.

Donc libre à chacun de faire ses propres choix et d’en changer si les circonstances de la vie poussent à se repositionner sur la vie après la mort. En outre, n’hésitez pas à vous replonger dans les théories de Freud, de Jung sur l’âme et l’inconscient mais aussi les adeptes de l’hypnose comme Milton Erickson et Denise Kikou Gilliand.  

 

Les traumas, pour l’expliquer de manière très schématique, restent figés dans notre psyché sous forme d’images, d’émotions ou de pensées qui tournent en boucle. Grâce à des mouvements de « bilatéralisation » ou d’alternance entre l’hémisphère gauche de notre cerveau-siège des pensées et du rationnel- et l’hémisphère droit- siège des émotions et de la créativité, l’EMDR ramène de la fluidité. Ainsi, les deux hémisphères peuvent à nouveau communiquer de manière harmonieuse et désensibiliser les images-sensations-émotions liées au trauma. Celui-ci devient alors un souvenir non traumatique, dont la teneur peut être traitée par le cerveau. »

Si vous m’avez suivie jusque-là, vous savez maintenant que les défunts peuvent aider en thérapie, que ceux-ci s’y invitent parfois et qu’il existe une thérapie, la communication induite après la mort, qui s’appuie sur cette communication pour traiter la souffrance du deuil. Vous avez aussi lu que la communication spontanée n’est pas si rare que ça (elle touche une personne sur quatre), mais qu’avoir un contact spontané ne signifie pas pour autant être médium.

Mon expérience me montre que la psychothérapie et la médiumnité ont plusieurs points communs. Elles utilisent des paradigmes certes différents, mais visent toutes deux la guérison de l’être. Cela ne signifie bien évidemment pas qu’elles soient interchangeables ou équivalentes ou qu’elles puissent allègrement se mélanger. Mais ces pratiques peuvent s’aider l’une et l’autre.

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Rédigé par toujoursalapage

Publié dans #Favre, #Hypnose, #vie, #mort, #deuil, #2021

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Publié le 28 Février 2021

...mais la vie continue de Bernard Pivot

Ce livre arriverait presque à me réconcilier avec ma future vieillesse. Mais ceux qui me connaissent et mon moi éternel émettent certaines réticences à franchir le pas ou la marche. 

Certains me tarabusteraient en m'infligeant cette réplique cinglante : "ne serait pas pour l'auteur que tu as lu ce roman sur la vieillesse?" J'avoue que Pivot (sans jeu de mots) fut un Pivot de mon adolescence. Je suivais assidument ses émissions littéraires qui creusaient les tréfonds des oeuvres et de leurs auteurs.

Parlons de son oeuvre que je remercie d'avoir édité en évitant de s'étendre sur une autobiographie que d'autres se chargeront d'écrire accompagné de sa nécrologie. Je vous en prie Monsieur Pivot laissez aux autres le mérite de vous honorer.

Comme vous le soulignez à juste titre la mort peut frapper à n'importe quel moment et la faucheuse n'attend pas le nombre des années. Le plus jeune de votre bande n'assistera malheureusement plus à vos repas mais sera toujours convoqué à la table de vos souvenirs. 

L'auteur, de manière assez honnête et juste, dépeint les travers de sa propre vieillesse. Il octroie une place de choix au lecteur au milieu de ses convives. A chaque repas un thème est abordé : des mots désuets, à des modes qui se font et se défont, à nos rapports aux autres, aux attentions des uns et des autres, à la santé (à laquelle il faut faire attention sans qu'elle ne devienne une obsession...

Les dernières pages ne sacralisent pas des remerciements dont la plupart des lecteurs se passeraient bien mais une liste pour continuer à arpenter la vie et ses années fragiles de manière sereine avec un désir de continuer à découvrir la vie.

Je vois bien que nous, les vieux, marchons vers la tragédie. Elle nous attend, elle nous observe, peut-être prépare-t-elle déjà une embuscade. Impossible de ne pas y penser de temps en temps, mais pas trop. Contre ce poison récurrent, il est nécessaire d'avoir recours aux antidotes de l'humour et de la gaieté.

D'autres que moi écriraient que vieillir, c'est terrible, c'est effroyable, c'est abominable, c'est tragique. Je préfère "chiant" parce que c'est un adjectif vigoureux, de naissance populaire, qui ne fait pas triste et qui appelle un refus, une révolte.

Je serai même toujours demandeur de clins d'oeil amusés ou canailles du destin.
La fidélité à celui qu'on a toujours été, voilà une belle ambition de vieux bonhomme.

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Rédigé par toujoursalapage

Publié dans #2021, #Pivot Bernard, #Albin Michel, #Vieillesse

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Publié le 3 Février 2021

Le miracle de la pleine conscience : Thich Nhat Hanh

Vous pensez encore une énième méthode zen ! A cela, je m'oppose et vous propose de vous poser et de ne rien faire, être là, vivant au monde.

J'avoue qu'en cette période troublée, j'avais des difficultés à me concentrer sur les choses de l'instant pour me focaliser sur les choses futures. Avoir toujours une longueur d'avance, prévoir, anticiper mais cette course contre la montre sur le futur est perdue d'avance. Les dés sont pipés. Le temps aura toujours un coup d'avance. 

 

Alors, vous me demanderez quelle est l'idée miraculeuse qui va nous sauver ? La pleine conscience : être présente à ce que je fais à cet instant T et non à T plus l'infini. 

Thich Nhat Hanh  nous offre sa vision propre provenant des moines bouddhistes et permet à tout individu de se recentrer sur lui-même mais aussi aux autres par le partage. La respiration permet aussi de nous détendre et d'apaiser nos angoisses infondées.

La méthode est simplisme cependant nous l'avons perdu dans nos e-mails, nos textos, nos connexions pour ne rien louper. Et si nous avions tout faux. 

Faite un essai, c'est bluffant. Préparer une soupe, appliquez-vous à simplement découper les légumes, laissez couler l'eau entre vos mains et les légumes, regardez l'eau remplir la casserole. Restez dans cet instant, ne fuyez pas dans la future vaisselle qui faudra nettoyer. Ayez de vraies conversations, sans être rivé sur un écran. 

En bref, se reconnecter à l'instant pour le vivre en pleine conscience. Vous verrez votre cerveau se sentira léger et vous remerciera!

 

Lorsque nous nettoyons les assiettes, si nous pensons uniquement à ce qui nous attend -une tasse de thé par exemple- nous allons tenter de nous débarrasser de la vaisselle au plus vite. Celle-ci devient une véritable corvée, un moment franchement déplaisant. Ce n'est pas laver la vaisselle pour laver la vaisselle. De plus pendant tout ce temps, nous ne sommes pas vraiment vivants car complètement ignorants du fait que c'est un authentique miracle de la vie que d'être debout, là, près de l'évier! Le problème est le suivant : si nous ne savons pas faire la vaisselle, il y fort à parier que nous ne saurons pas non plus apprécier notre tasse de thé. Quand nous boirons notre thé, nous penserons à des tas d'autres choses, remarquant à peine la tasse entre nos mains. Nous nous trouvons

constamment aspirés par le futur, totalement incapables de réellement vivre la moindre minute de notre vie. Le miracle, c'est de vivre profondément le moment présent.

Mais les personnes actives et engagées n'ont guère le loisir sur les chemins de campagne et de s'asseoir sous un arbre. Le travail ne leur manque pas : préparer des projets, consulter des associations, essayer de résoudre mille et un problèmes. Il leur faut affronter toutes sortes de difficultés, garder leur attention concentrée sur le travail à chaque instant, être alerte et prêt à prendre soin de la situation avec habileté et intelligence.

Maîtriser sa respiration, c'est contrôler son corps et son esprit. Chaque fois que nous sommes dispersés, que nous n'arrivons plus à nous contrôler, nous devrions devenir attentifs à notre respiration.

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Rédigé par toujoursalapage

Publié dans #2021, #zen, #bouddhiste

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Publié le 27 Janvier 2021

Certains coeurs lâchent pour trois fois rien : Gilles Paris

La dépression, un mal incurable, dont on ne mesure pas encore bien les ravages. Les dégâts sur le patient qui combat ses troubles avec ses propres ressources mais aussi les impacts ravageurs sur l'entourage.

A travers ce livre, Gilles revient sur ses dépressions, ses tentatives de suicide dont il réchappe. Il remonte dans ses souvenirs d'enfance violents. Il ne règle pas ses comptes avec ses parents, il tente juste de s'extraire de cette machinerie infernale qui scande sa vie. 

Gilles Paris dépeint avec justesse les hôpitaux psychiatriques où il séjourne. Ces mots d'une poésie délicate décrivent ces patients ankylosés par leurs démons, assommés par les narcoleptiques et autres médicaments. Il ne les juge pas, il leur ressemble.

L'auteur tente de fuir ses démons par tous les excès : l'alcool, la drogue, les relations sexuelles. Il se noie pour échapper à sa propre réalité. L'écriture, durant ses chutes vertigineuses, ne lui est d'aucun secours.  Son seul désir reste de dormir ou de s'abrutir pour mourir. 

L'auteur offre une planche de salut aux dépressifs : rester entouré des êtres qui vous aiment et ne vous veulent que du bien. Certes, les mains tendues parfois se baissent, alourdies par le poids d'un corps qui demande qu'à fuir.

Gilles Paris jette une bouteille à la mer pour ceux qui seront terrassés par cette maladie difficile à dompter.

Très belle écriture ! Sonnante comme une ode à la vie, à ses joies du quotidien! Car le bonheur ne résiderait-il pas dans les brefs moments du quotidien ? (le bruit des gouttes d'eau sur les volets, une boisson fraîche un soir d'été, le rire d'un enfant, le soleil qui se couche...je vous laisse faire votre propre liste).

Emmuré en moi-même, bientôt je confonds les jours. La tristesse est dans mon regard, dans mes gestes lents, dans ma bouche qui refuse de s'ouvrir. Les messages s'accumulent sur le répondeur de mon portable. Depuis combien de temps ne suis-je pas passé sous la douche ? Depuis combien de temps n'ai-je pas donné de mes nouvelles ?

Huit mois, c'est la durée minimale d'une dépression, un an de plus avec l'arrêt des médicaments. Mais l'évaluation de cette maladie n'est en rien une science exacte. Deux dépressions ne se ressemblent pas. Après tout, chacun est unique. La plus longue a duré deux ans; la plus courte, trois mois. D'ailleurs, ces quatre-vingt-dix jours vont à l'encontre de tous les pronostics. Aucune dépression ne dure si peu. Pourtant, c'est bien ce que j'ai vécu. La toute première, sans hospitalisation.

Au fond, dans les établissements psychiatriques, je n'ai été vivant que sur la forme, jamais sur le fond. Je m'applique à guérir et à passer le temps comme un prisonnier qui attend son heure de sortie, puis sa réinsertion.

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Rédigé par toujoursalapage

Publié dans #2021, #Flammarion, #Gilles Paris, #suicide, #récit

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Publié le 17 Janvier 2021

La robe, une odyssée : Catherine Le Goff

Bienvenue dans une épopée où l’héroïne principale ne serait qu’un bout d’étoffe si elle n’était pas passée dans les mains expertes en couture de « Monsieur ».  Cette robe noire magnifique traverse les années, les vies de femme tantôt faibles, amochées par l’existence, tantôt courageuses et rageuses dans le bon sens du terme. Cette pièce de collection lie et délie des existences.

 

Catherine Le Goff raconte la Grande Histoire par le biais d’un objet fétiche qui se trouve malmené par les petites histoires qui en feront des grandes. Elle sera portée par des bourgeoises, une juive déportée, une petite nièce allemande, une cantatrice, une chanteuse de Jazz. Elle voyage sur tous les continents. Les déchirures scandent son épopée comme elles marquent les femmes de l’ombre.

 

L’idée d’utiliser un objet porté sur la peau apporte une dimension plus humaine à cette association. La lecture reste fluide. Un lien unit ces destins de femme et quel plus bel objet peu transmettre cette union qu’une robe !

 

Paul redescendit et travailla seul à la boutique jusqu’au soir. Il ignorait que depuis le matin, tout l’esprit de sa mère s’était fixé sur la robe de la Darmentière. Elle l’avait décrochée, l’avait cent fois tournée, retournée, obsédée par une idée devenue évidente, la robe de la vitrine de sa boutique était encore à mille lieues de la perfection de son larcin. Elle s’était menti toutes ces années, approchant de ce qu’elle avait sous les yeux sans jamais égaler celui qui l’avait créée, un maître. Elle demeura des heures la main passant sur la doublure, puis sur l’endroit. Il n’y avait aucune violence à l’intérieur d’elle, seulement l’effondrement...

La robe de la tante Gerta avait gagné le fond de l’armoire. La voir était bien trop dur pour Jana, ça lui rappelait instantanément la voix de son défunt mari et réactivait le manque. Si elle avait pu parler, la robe lui aurait dit qu’elle en avait connu des séparations au cours de son odyssée depuis 1900. « Monsieur », son créateur, Madame Darmentière, Jeanne, Paul puis Ruth et Sarah Bestien, enfin Gerta...Mais le vêtement muet pendait dans le meuble, spectateur des larmes de sa propriétaire qui enfin se mettaient à couler à flots.

Un vêtement a joué un rôle très important à deux moments de ma vie, ça m’a amenée à me poser des questions sur le sens de l’objet. Parfois, nous traversons notre existence et un objet nous accompagne avec sa propre histoire, il entre, il repart...Quand il revient vers nous, il est chargé d’un passé avec sa part de mystère. Pour un vêtement, c’est encore plus étrange, je trouve, il touche le corps.

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Rédigé par toujoursalapage

Publié dans #2021, #Roman, #Favre, #Catherine Le Goff

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