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Publié le 21 Juin 2020

A la recherche de Karl Kleber : Daniel Sangsue

Un professeur d’université suisse, féru de littérature, découvre dans une librairie des cartons entassés renfermant la vie secrète mais surtout la disparition d’un collègue (parti sans explication en 1997). Le narrateur intrigué par cette affaire part en quête d’une vérité. Mais laquelle ? Karl Kléber est-il vraiment mort ? A-t-il décidé de fuir ? oui mais qui ou quoi ?

 

Dans cette enquête, le narrateur se perd en conjectures, divaguant sur les raisons de cette disparition inexpliquées. Il découvre un Kléber aux deux visages : un homme épris de sa femme mais accumulant les aventures avec ses étudiantes, un personnage lunatique à la fois souriant et taciturne, un homme irréprochable dans la vie quotidienne et un homme aventureux dans sa réelle vie...Qui est donc Kléber ?

 

Je vous laisse mener l’enquête et méfiez-vous des entretiens parfois trompeurs ! De Thoune à Bâle, en passant par Espalion en Aveyron, à travers des références littéraires, vous vous forgerez votre propre réflexion sur cette disparition suspecte.

« Oui, il a disparu, il s’est évanoui dans la nature, comme on dit. Un jour d’été, en 1997, il a quitté son domicile pour se rendre en train à Thoune et il n’est jamais arrivé à destination ni revenu. Il a complètement disparu. Je me souviens que cela avait fait pas mal de bruit à l’époque. Il y a eu des avis de recherche dans la presse, des communiqués à la radio. Mais on n’a jamais retrouvé Kleber : ni son corps, ni aucune trace de lui. Tout à l’heure, je t’ai parlé de sa veuve, mais, en fait, on ne peut pas parler de veuve, puisqu’on ne sait pas si Kleber est mort ou vivant. Cette pauvre femme est décédée sans savoir ce qu’est devenu son mari. C’est terrible, non ? »

« D’une manière générale, j’ai toujours été persuadé que les livres existent pour répondre à nos questions. Il y a les informations que nous recherchons, et puis aussi le savoir que nous n’attendions pas et que les livres nous offrent en surprise. En fait, c’est surtout celui-ci qui nous intéresse, qui nous motive. Selon Pascal Quignard, « ce qui nous pousse à ouvrir des livres les plus divers et les plus incertains, ou encore à terminer des livres alors que leur lecture ne nous satisfait pas, c’est impatiemment la croyance qu’ils vont nous délivrer un savoir que nous n’imaginons pas. »

« Dans Avec Henri Michaux, il n’a relevé qu’un passage, celui où le poète dit à son interlocuteur : « Le temps est quelque chose de sacré. Je considère le temps plutôt comme un rêveur : tout ce qu’on peut rêver en deux heures. Et si je regrette d’avoir passé deux heures en compagnie d’une douzaine de personnes, c’est que je pense à ça : me répandre de façon magnifique et inutile dans le temps. » »

« C’était reparti pour un tour. Quelle scie ! Je commençais à comprendre pourquoi Karl ne s’était pas présenté. Laura était certes séduisante, mais quelle fleur bleue, quelle glue de sentiments ! Après Paul et Virginie, c’était Emma et Rodolphe...Mais j’étais peut-être trop réfractaire aux poncifs : comme si la plénitude de l’âme ne débordait pas quelquefois par les métaphores les plus vides, puisque personne, jamais, ne peut donner l’exacte mesure de ses besoins, ni de ses conceptions, ni des ses douleurs, puisque la parole humaine est comme un chaudron fêlé où nous battons les mélodies à faire danser les ours, quand on voudrait attendrir les étoiles. »

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Rédigé par toujoursalapage

Publié dans #Un petit suisse, #2020, #enquête, #Bâle, #Thoune

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