capitale

Publié le 9 Décembre 2018

Entrez dans l'intimité d'Ernest Hemingway

en lisant "Paris est une fête". Cet auteur emblématique nous livre son expérience de Paris. Il raconte son quotidien dans son processus de création. Il s'épanche sur ses difficultés financières, soulignant son choix d'abandonner le journalisme pour se consacrer à l'écriture d'un roman. 

 

Auteur à succès dans la publication de nouvelles dans des quotidiens allemands et américains, il peine à écrire son roman. Il se lie d'amitié avec des artistes plus ou moins connus, se perd dans des relations fluctuantes dans le dédale des rues de la capitale.

 

L'auteur prend le bras de son lecteur et le guide à travers les rues. Il se donne à son lecteur comme il s'abandonne à Paris. Chaque scène valorise cette ville. Les chaussures du lecteur s'imbibent d'eau marchant dans les traces de cet auteur magnifique. Le lecteur suit les conversations d'artiste, côtoyant à son gré un peintre fauché, un écrivain chevronné ou un critique vociférant ; le tout au rythme des cafés parisiens, de l'odeur des repas servis dans des brasseries bruyantes et vivantes. 

 

Avant de lire "Le vieil homme et la mer" ou "Pour qui sonne le glas" ou bien encore "Paradis perdu" lisez son cheminement littéraire.

Avant-propos

Que dire du titre? Mary Hemingway le tient d'une remarque de son époux à Aaron Hotchner : "Si vous aviez eu la chance de vivre à Paris quand vous étiez jeune, quels que soient les lieux visité par la suite, Paris ne vous quitte plus, car Paris est une fête mobile "

Quand je n'avais pas fait de voyage récent et m' arrêtais, rue de Fleurus, après ma journée de travail, j'essayais parfois d'obtenir que Miss Stein me parlât de littérature. Quand j'écrivais quelque chose, j'avais besoin de lire après avoir posé la plume. Si vous continuez à penser à ce que vous écrivez, en dehors des heures de travail, vous perdez le fil et vous ne pouvez le ressaisir le lendemain. Il vous faut faire de l'exercice , fatiguer votre corps, et il vous est alors recommandé de faire l'amour avec qui vous aimez. C'est même ce qu'il y a de meilleur. Mais ensuite, quand vous vous sentez vide, il vous faut lire afin de ne pas penser à votre oeuvre et de ne pas vous en préoccuper jusqu'au moment où vous vous remettrez à écrire. J'avais déjà appris à ne jamais assécher le puits de mon inspiration, mais à m'arrêter alors qu'il y avait encore quelque chose au fond, pour laisser la source remplir le réservoir pendant la nuit.

Dans Dostoïevski, il y avait certaines choses croyables et auxquelles on ne pouvait croire, mais d'autres aussi qui étaient si vraies qu'elles vous transformaient au fur et à mesure que vous les lisez ; elles vous enseignaient la fragilité et la folie, la méchanceté et la sainteté et les affres du jeu, comme Tourgueniev vous enseignait les paysages et les routes, et Tolstoï les mouvements de troupes, le terrain et les forces en présence, officiers et soldats, et le combat. Après avoir lu Tolstoï, on trouvait que les récits de Stephen Crane sur la guerre de Sécession sortaient tout droit de l'imagination brillante d'un enfant malade qui n'avait jamais fait la guerre mais avait lu seulement les récits de batailles et vu les photographies de Brady que j'avaient eues moi-même sous les yeux chez mes grands-parents. (...)

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Rédigé par toujoursalapage

Publié dans #Paris, #un goût d'Amérique, #Hemingway Ernest, #Capitale

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