angie thomas

Publié le 12 Juillet 2018

Témoignage choc ! The hate u give : Angie Thomas
Témoignage choc ! The hate u give : Angie Thomas

Comme une chanson du célèbre rappeur Tupac, tué lors d'une fusillade, le rythme du roman frappe, claque, crie pour mieux se faire entendre.

 

Sur fonds de guerres des gangs, Starr assiste à la mort de son meilleur ami Khalil, tué de sang-froid par un policier blanc. Starr, ado de seize ans, bercée par deux cultures qui s'opposent et ne se comprennent pas. Elle poursuit ses études dans un lycée de blancs, où le simple fait d'être noir est cool et stylé. Cependant, le revers de la médaille est qu'à la sortie de son lycée, elle rejoint sa banlieue où le gout de la mort filtre à travers les persiennes. Cette ado avait déjà compris que la mort incompréhensible frappait très tôt dans son quartier.

 

Starr, seule témoin du drame, veut rendre justice à Khalil mais ses parents veulent aussi la protéger de cette justice américaine qui a déjà rangé son pote au rang des dealers. Pour les médias, ce petit dealer devait mourir. Il faut éradiquer cette racaille de la société. Néanmoins, Khalil n'appartenait pas à un gang. Il avait juste eu le malheur de se trouver au mauvais endroit, avec la mauvaise couleur.

 

Ce roman s'applique à démontrer que les différences raciales persistent aux Etats-Unis et que la discrimination reste un élément dévastateur pour le pays. Starr est à la fois torturée par le fait d'avoir abandonnée ses racines et à la fois par le désir de s'en sortir. La trahison est à fleur de peau durant toute cette épopée violente et sans tabou.

 

Ce livre perturbe par son honnêteté et sa franchise. Il bouleverse car écrit à la première personne. Le lecteur devient ce témoin d'une mort absurde d'un gamin de seize ans. Roman explosif qui devrait être lu à l'école avec un accompagnement professoral pour comprendre que l'on est tous et toutes le frère ou la soeur de quelqu'un et qu'on ne mérite pas de mourir à l'âge de dix ans (d'une balle tirée d'une voiture) ou sous les balles des gangs ou de la police.

Premier roman magnifique pleins d'espoirs d'une jeune femme du Mississippi, Angie Thomas !

- Tupac disait que le nom de son groupe "Thug Life", la vie de gangsta, ça voulait dire "the Hâte U Give Little Infants Fucks Everybody", la haine qu'on donne aux bébés fout tout le monde en l'air.
Je hausse les sourcils.
- Quoi?
- Ecoute bien. The Hate U-"you", mais avec la lettre U - Give Little Infants Fucks Everybody. T-H-U-G-L-I-F-E. Ce que veut dire que ce que la société nous fait subir quand on est gamins lui pète ensuite à la gueule. Tu piges?

Des patients dans la salle d'attente secouent la tête.

- Il faut que tu décroches, Bren, dit maman. C'est ce qu'il voulait.
- Je peux pas. Mon bébé n'est plus là...
- Bien sûr que si, tu peux. Tu as Cameron et il a besoin de toi. Ta mère a besoin de toi.

Khalil aussi avait besoin de toi, j'ai envie de lui dire. Il t'a attendue, il t'a appelée. Mais t'étais où? Tu n'as pas le droit de pleurer maintenant. Nan nan. C'est trop tard.

Mais elle sanglote toujours. Elle se balance d'avant en arrière et elle sanglote

- Tu veux dire quand tu as traité Khalil de dealer?

Il acquiesce d'un signe.

- Même si c'en était un, je le connaissais. Je l'ai vu grandir avec toi. Il ne se résumait pas aux mauvaises décisions qu'il avait prises, dit-il. ça me fait mal de savoir que j'ai laissé cette envie de trouver une raison à sa mort prendre le dessus. De toute façon, on ne tue pas quelqu'un parce qu'il a ouvert une portière, point. Celui qui fait ça ne devrait pas être flic.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Voir les commentaires

Repost0