anais vanel

Publié le 15 Septembre 2019

Premier Roman : Anaïs Vanel « Tout Quitter »

Assez du poids des convenances, usée par les rôles sociaux à jouer, j’ai largué les amarres ayant pour guide Anaïs Vanel. 

 

Une vraie bouffée d’oxygène émane de ce texte puissant et salvateur. La narratrice raconte avec simplicité son retour au moi profond, s’affranchissant des codes pour mieux se retrouver. Au gré des vagues, des saisons et des aléas climatiques Anaïs acclimate son lecteur sur ses divagations. 

 

Par le biais du dépouillement des biens matériels et des liens futiles de l’existence, la narratrice revient sur son enfance, sur ses attentes de la vie et sur les désirs, les rêves qui la faisaient voyager à l’heure de l’insouciance.

 

Sortie chez Flammarion prévue le 25 septembre 2019, A vos agendas !

« Je suis allée m’inscrire à la bibliothèque. En donnant tous mes livres avant de quitter Paris, j’ai renoncé à en posséder. J’aime l’idée d’emprunter les choses. Que je les aie là dans ma vie en sachant qu’un jour je devrai les rendre. J’ai un carnet rouge dans lequel je conserve un souvenir de mes lectures. Quelques passages. Parfois juste quelques mots. La bibliothèque est petite, comme un grenier. On y vient pour chercher quelque chose. Et on se retrouve à ouvrir des dizaines de malles. On en ressort des heures plus tard. En ayant oublié ce qu’on était venu chercher. Mais émerveillé. »

« L’entre-soi est cette prison dorée dans laquelle on se mure sans s’en apercevoir. Dans laquelle on vit confortablement. Et dans laquelle on meurt ignorant. On s’y bâfre d’habitudes, rassasié de tout. L’entre-soi rend prudent. Peureux. Fou, peut-être. Je découvre avec effroi que certains surfeurs n’y échappent pas. Mais quel milieu y échappe vraiment ? En m’évadant du mien, j’ai choisi de faire abstraction de tous ceux qui existent. Pour évoluer dans les mondes entre l’entre-soi.

« Enfant, nous nous emparons du temps et nous le modelons. Adulte, nous nous soumettons à lui. Nous le laissons nous traverser et les souvenirs que l’on construit n’y résistent plus. La vie au bord de l’océan me permet de retrouver le pouvoir de modeler le temps. D’en construire des tours et puis de les détruire. De les ériger, à nouveau, plus grandes et plus solides. Et les abandonner là, à la marée. Goûter le pouvoir du temps revient à construire des châteaux de sable. Laisser aisément derrière soi l’architecture de ce qui nous a semblé une vie. Pour s’apercevoir que cinq minutes plus tard, c’était il y a bien longtemps déjà. »

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Rédigé par toujoursalapage

Publié dans #2019, #rentrée littéraire 2019, #Anaïs Vanel, #Flammarion, #premier roman

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