affaire dreyfus

Publié le 27 Mars 2019

Un homme engagé : Emile Zola

Dans "J'accuse", Emile Zola se confronte à un homme de pouvoir et non des moindres. Son article engagé s'adresse directement au chef de l'Etat Monsieur Félix Faure. 

 

Il donne son point de vue sur l'affaire Dreyfus et demande instamment au Président de faire réviser le procès qui est le résultat d'intrigues fomentées par certains dirigeants de l'armée. Il énonce les faits comme dans un réquisitoire et martèle au haut et fort les noms des coupables. 

 

Cette missive débute sur un constat, se développe sur l'énonciation des faits et s'achève dans une pléthore d'accusation. "J'accuse" symbolise une main tendue vers l'innocent condamné à tort. Le doigt accusateur fixe les coupables, citant leur complicité dans cet acte de trahison. 

Zola accepte avec justesse d'être lui aussi juger mais pour avoir divulgué la simple vérité.

 

Cette lettre permet de comprendre le poids des engagements de certains auteurs, prêts à en découvre avec la justice pour combattre l'injustice. 

A lire absolument !

Mais quelle tache de boue sur votre nom - j'allais dire sur votre règne- que cette abominable affaire Dreyfus ! Un conseil de guerre vient, par ordre, d'oser acquitter un Esterhazy, soufflet suprême à toute vérité, à toute justice. Et c'est fini, la France a sur la joue cette souillure, l'histoire écrira que c'est sous votre présidence qu'un tel crime social a pu être commis.

Voilà donc. Monsieur le Président, les faits qui expliquent comment une erreur judiciaire a pu être commise ; et les preuves morales, la situation de fortune de Dreyfus, l'absence de motifs, son continuel cri d'innocence, achèvent de le montrer comme une victime des extraordinaires imaginations du Paty de Clam, du milieu clérical où il se trouvait, de la chasse aux "sales juif", qui déshonore notre époque.

Les recherches durèrent de mai à septembre 1896, et ce qu'il faut affirmer bien haut, c'est que le général Gonse était convaincu de la culpabilité d'Esterhazy, c'est que le général de Boisdeffre et le général Billot ne mettaient pas en doute que le bordereau fût de l'écriture d'Esterhazy. L'enquête du lieutenant-colonel Picquart avait abouti à cette constatation certaine. Mais l'émoi était grand, car la condamnation d'Esterhazy entraînait inévitablement la révision du procès Dreyfus ; et c'était ce que l'état-major ne voulait à aucun prix.

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Rédigé par toujoursalapage

Publié dans #Zola, #j'accuse, #L'Aurore, #Affaire Dreyfus

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