Réglez-lui son compte : San Antonio # 1

Publié le 26 Janvier 2011

005-copie-1  Je n'ai pas longtemps cogité pour savoir quel écrivain de polar pouvait symboliser l'auteur incontesté du genre : Frédéric Dard ! Il a su manier avec tact le genre.

 Je vous confierai un secret : un vrai San-Antonio, c'est le bouquin qui a du vécu, celui qui a été glissé dans les poches d'un caban, un livre acheté dans une librairie de gare. Il dégage une existence par ses pages jaunies par le temps. L'usure de sa page de couverture est gage de son pouvoir. Courez dans le grenier de vos parents, pour certains des grands-parents, pour dégoter un carton rempli de cette magnifique collection " Fleuve noir"!

 La littérature ou la lecture ne s'arrête pas dans une bibliothèque aseptisée. L'oeuvre doit obtenir ses lettres de noblesse et elle les acquière dans de nombreuses mains qui n'ont pas de classes sociales.

 Il est évident que son personnage est l'archétype du flic qui se croit supérieur à  tout le monde durant tout le bouquin: "Si un jour votre grand-mère vous demande le nom du type le plus malin de la Terre, dites-lui sans hésiter une paire de minutes que le gars en question s'appelle San-Antonio."

Il est le macho par excellence, sexiste (même si le terme est très peu usité à cette époque), les femmes sont toujours des pin-up ( dans le vrai sens du terme, pas d'erreur possible) San Antonio aime la bonne "chair" quitte à choquer: " Dans l'affaire que je vais avoir l'honneur et l'avantage de vous relater, il y a des poupées bien tournées, des chouettes, des pin-up N°1 comme vous n'en avez jamais vues dans les technicolors d'Hollywood..."

 Frédéric Dard manie l'argot avec jubilation et humour qu'il égraine au fur et à mesure de ses écrits.

 Je commencerai donc mon parcours San Antonio par son premier livre Réglez-lui son compte. Frédéric Dard nous décrit sans fioriture son personnage hors du commun qui agacera certain, plaira à beaucoup d'autres. Ce premier polar édité qu'à 500 exemplaires en 1949 est un flop. Encore merci pour sa réédition !

 Une histoire banale: un homme est retrouvé dans une canalisation de Marseille. Rien d'extraordinaire, à un détail prêt sa bouche contient un étui qui permet aux pigeons voyageurs de transmettre des informations (élément utilisé durant la guerre). Cette enquête nécessite l'intervention de San Antonio, le super commissaire qui se sort toujours des coups foireux. Le narrateur mène son enquête tambour battant, cela canarde sec : "Sûrement que les tueurs croient m'avoir rayé des listes électorales". Il arrive à démanteler un réseau sans l'aide de personne car "Des idées, il m'en passe dans le cabelot comme des trains dans une gare régulatrice un jour de mobilisation générale.". Après cette enquête qui l'épuise, San Antonio vous le dira: " On a beau être un terrible, un as du contre-espionnage, un avaleur de balles, il y a des moments où l'on a envie de se faire dorloter."

 Cette fois, je ne vous dévoilerai pas la fin : "Pour d'autres détails, il faudra vous reporter aux prochains volumes; ça suffit pour aujourd'hui. Et tâchez de ne pas être déçus. Les lecteurs le sont toujours ; que ce soit drôle ou triste, que ça finisse bien ou mal, c'est une fichue manie qu'ils ont de ne jamais être satisfaits."

 

Integrale02

 

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Rédigé par alapage

Publié dans #p'tit polar entre amis

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Commenter cet article

mamounette 27/01/2011 10:02


ça y est ,tu commences c est pari pour la gande aventure