Marie chez les nudistes # 11

Publié le 15 Décembre 2011

 Je reprends enfin mon souffle au bout de quelques minutes. Je me hisse sur mes jambes dans un équilibre précaire, sors la clef de mon porte-monnaie (eh oui, je n'ai toujours pas de poches !) et j'entre, avec moult efforts, dans ma taverne ou caverne (j'hésite à attribuer une dénomination à ce lieu de couchage). Je rampe jusqu'au frigo et me sers un verre de pastis. Je sais reconnaître les vrais campeurs : ils ont prévus dans leurs bagages une bouteille de boisson anisée. Et c'est bien sûr mon cas, vestige d'une enfance passée en camping. J'engloutis une rasade, qui me brûle la gorge. Je conçois évidemment que j'aurai du boire d'abord un grand verre d'eau avant de le colorer d'anis. Cela m'apprendra à réfléchir, mais en vacances c'est le seul moment où je mets mon cerveau au vestiaire. Il a bien travaillé toute l'année, il a droit à ses cinq semaines syndicales de congés payés.

 Je déplore l'état de ma baguette qui a subi des petits désagréments durant ma course folle. Il reste des morceaux de buissons accrochés à sa croûte. Cela met de la couleur. Je donne une apparence plus soignée à mon pain. Je me resserre un petit verre plus léger cette fois et passe enfin à table. Je me restaure tranquillement. J'avoue m'ennuyer un peu mais cela est sans compter sur les magazines que j'ai rapporté et qui détiennent des jeux passionnants. Je commence par me concentrer sur un test hautement instructif : trouver le grand amour. Et ben, il y a du boulot ! J'étais persuadée que les rencontres se faisaient par hasard. Grave erreur, très grave erreur ! Il faut partir à la chasse, guetter sa proie et l'appâter. Le système proposé a commencé à me faire froid dans le dos. Je fais encore partie de ces femmes qui croient au coup de foudre, à la passion dévorante qui finit toujours mal voire en tragédies grecques. Je crois que trop de lectures sentimentales ont obscurci la réalité. Il faut que je sorte de ma léthargie. Le test nous le répète, il faut rester vigilante, toujours splendide même au supermarché, ou en allant courir pour s'entretenir. Je comprends mieux pourquoi les nanas qui courent ont le vernis à ongles assorti au jogging. Il est difficile de courir sans transpirer, c'est un vrai casse tête : la séduction. Je pense qu'il me faudra des leçons particulières car quand je vois l'état dans lequel je suis en faisant trois minutes de petites foulées. J'ai du pain sur la planche. En parlant de planche, je vais retourner à mon bain de soleil afin d'hâler ma peau pour ce soir. Toujours être à son avantage dans des situations périlleuses ! Ils le disent dans ce magazine...

 

 

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Rédigé par toujoursalapage

Publié dans #Once upon a time...

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