Il fait froid : Victor Hugo

Publié le 13 Décembre 2011

victor-hugo.jpg Quand nos chères têtes blondes apprennent, avec étonnements, les poésies qui ont marqué notre enfance, on ne peut que se réjouir de constater que notre patrimoine poétique reste intact.

 A l'heure où l'hiver se fait attendre, la poésie entonne une douce mélodie comme un appel à la neige.

 La délicatesse des mots se confond avec la dureté de l'hiver.

 Victor Hugo compare le froid de la neige, la violence du mordant de cette saison à la dureté des coeurs qui n'aiment plus. Ce poème est issu de son recueil, Les contemplations, publié en 1856. Cet écrit est à la fois une ode à la vie, à l'amour mais aussi à la mort, au deuil.

 Par cet apprentissage, les élèves se confrontent à de nouvelles tournures de phrases qui les surprennent. Ils découvrent le nom de dieu oublié (Aquilon : dieu des vents). Certes, ce chef d'oeuvre est un peu long mais si l'apprentissage s'effectue de manière saccadée puis récité en une seule fois, il devient un pur moment de rêverie.

 

Il fait froid

 

L'hiver blanchit le dur chemin
Tes jours aux méchants sont en proie.
La bise mord ta douce main ;
La haine souffle sur ta joie.

La neige emplit le noir sillon.
La lumière est diminuée...
Ferme ta porte à l'aquilon !
Ferme ta vitre à la nuée !

Et puis laisse ton coeur ouvert !
Le coeur, c'est la sainte fenêtre.
Le soleil de brume est couvert ;
Mais Dieu va rayonner peut-être !

Doute du bonheur, fruit mortel ;
Doute de l'homme plein d'envie ;
Doute du prêtre et de l'autel ;
Mais crois à l'amour, ô ma vie !

Crois à l'amour, toujours entier,
Toujours brillant sous tous les voiles !
A l'amour, tison du foyer !
A l'amour, rayon des étoiles !

Aime, et ne désespère pas.
Dans ton âme, où parfois je passe,
Où mes vers chuchotent tout bas,
Laisse chaque chose à sa place.

La fidélité sans ennui,
La paix des vertus élevées,
Et l'indulgence pour autrui,
Éponge des fautes lavées.

Dans ta pensée où tout est beau,
Que rien ne tombe ou ne recule.
Fais de ton amour ton flambeau.
On s'éclaire de ce qui brûle.

A ces démons d'inimitié
Oppose ta douceur sereine,
Et reverse leur en pitié
Tout ce qu'ils t'ont vomi de haine.

La haine, c'est l'hiver du coeur.
Plains-les ! mais garde ton courage.
Garde ton sourire vainqueur ;
Bel arc-en-ciel, sors de l'orage !

Garde ton amour éternel.
L'hiver, l'astre éteint-il sa flamme ?
Dieu ne retire rien du ciel ;
Ne retire rien de ton âme !

 

Les contemplations (1856)


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Rédigé par toujoursalapage

Publié dans #Poésie

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C
Seriously guys a victor hugo to save the world? Are you guys even serious about this? Are you trying to make fun of people? These might be the questions which might come to the minds of people who hear about this application.
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I
Pour moi aussi. ;)
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I
Excellent choix !
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T
<br /> <br /> Merci beaucoup. Hugo reste pour moi le poète de tous les temps.<br /> <br /> <br /> <br />