Et que le vaste monde poursuive sa course folle : Colum McCann

Publié le 1 Août 2012

 et-que-le-vaste-monde-poursuive-sa-course-folle.gifColum McCann est un auteur irlandais qui réside avec sa famille à New York. Il a écrit cinq romans.

 L'expression : "la vie tient à un fil"correspond idéalement à l'intrigue de ce roman, qui pose les bases des évènements, qui se lient entre eux pour créer le fondement de cette société américaine.

 Un homme marche sur un fil tiré entre les deux tours du World Trade Center. C'est l'heure où la vie s'éveille, où les voitures forment de jolis bouchons : le doux retour au bureau que l'on a quitté fraîchement la veille. Les regards se fixent sur ce "fou", ce "poète des airs". Autour de ce funambule, les langues se délient et des existences se créent et se défont.

 Le lecteur découvre un homme religieux qui veut aider les prostituées du Bronx. Il meurt en compagnie de l'une d'elles. Qui a bien pu percuter le véhicule ? Cette histoire associe à un couple d'artiste drogué qui a accroché le véhicule. Le frère du religieux, venu en visite, déplore la mort de son frère et se lie d'amitié avec la mère de la prostitué qui exerce le même métier. D'autres vies s'associent à ce fait divers. La vie semble bien complexe, vue du ciel !

 

 Colum McCann dépeint les travers de la société américaine des années 1970. La guerre du Vietnam dénombre ses morts. L'affaire Nixon est au coeur de l'actualité. Mais des individualités portent le poids de l'Histoire sur leurs frêles épaules.

 Ce roman polyphonique accorde une part importante à la souffrance des êtres. Aucun niveau social n'est épargné: de la prostitué noire souffrant sur le trottoir du Bronx à la bourgeoise pleurant dans son luxurieux appartement.

 Les séquences de l'histoire sont coupées par le regard porté sur le funambule. Pour le premier changement de narrateur, le lecteur est perdu et comprend le rapprochement avec la description du véhicule accidenté. Chaque personnage donne sa perception de ce drame. D'autres personnages se délectent sur la vision de l'homme des airs. Les paris vont bon train sur son issue finale. Dans la vie, il existe des optimistes qui considèrent que cet homme est un don du ciel et d'autres plus défaitistes qui lui accordent une fin brutale.

 Colum McCann est un romancier de l'humeur américaine, au plus proche du citoyens américains. Bon voyage dans l'univers chaotique d'un monde en perpétuelle évolution.

 

 Voici quelques citations tirées du roman:

 

" - La peur, c'est comme la poussière, ça flotte dans les airs. Tu te balades et tu ne vois rien, tu ne fais pas attention, mais elle est là, elle s'infiltre  partout, recouvre tout. On la respire, on la touche, on la boit, on la mange, elle est tellement fine qu'on ne la remarque pas. Mais elle nous habille. Oui, je veux dire qu'on a peur. Il suffit de rester immobile une seconde, et elle est là sur nos visages, sur la langue. Si on faisait attention, on sombrerait dans le désespoir. Mais pas question de s'arrêter, on avance, il faut avancer."

"[...]Il n'est plus grande démocratie que la mort. La plus vieille des réclamations. Nous arrive à toutes. Riches et pauvres. Maigres et grasses. Pères et filles. Mères et fils. Un pincement, un feed-back. Le début de sa première lettre : "Chère Maman, juste pour te dire que je suis bien arrivé." Et, bien plus tard : "Maman, cet endroit n'existe pas, ils m'ont tout enlevé pour me donner ce vide."

"New York dévoilait son âme de temps en temps, elle avait le chic pour ça. C'est une image qui vous agressait, un crime, une horreur, une splendeur, quelque chose de si inattendu que vous hochiez bêtement la tête, bouche bée, incrédule."

Rendez-vous sur Hellocoton !

Rédigé par toujoursalapage

Publié dans #un goût d'Amérique

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
V
cela fait un moment que je souhaite lire ce livre, et je ressors toujours sans l'acheter...vais-je résister encore longtemps..
Répondre
T
<br /> <br /> Je n'ai pas lu tous ses livres mais j'ai reçu des échos positifs sur les autres. On m'a informé que celui-ci n'est pas le meilleur mais la lecture n'est pas banale. Je pense acquérir d'autres de<br /> ses ouvrages.<br /> <br /> <br /> <br />