Dis raconte moi une histoire (suite)

Publié le 9 Septembre 2010

 Au vue des premiers indices et connaissant la victime (quoique l'on ne connaît jamais personne dans les moindres détails), j'avais des difficultés à l'imaginer traînant dans des ruelles sinistres. Elle avait toujours préféré les lumières des projecteurs aux lumières des lampadaires. Je vous avoue que parfois les circonstances vous font dévier de votre chemin. Mais pour moi, le lieu devenait à lui seul anecdotique.

 Je fis part de mes réflexions à Monsieur Stylet,qui me fit douter en me faisant remarquer que nous ne connaissions pas les dernières fréquentations de mon amie et la vie qu'elle aurait pu mener. J'étais abasourdie car mon amie n'était pas une délurée qui se vautrait dans la misère du monde même pour sauver une âme en détresse.

 Il se connecta sur son ordinateur afin de glaner des informations concernant les nantis avec lesquels elle avait entretenu des relations de près ou de loin. La dernière soirée, où elle avait été photographiée, datait de la veille de sa mort. Cette photographie avait été publiée dans le magazine Love Vogue, une revue feuilletée par tous les adolescents et par les accrocs de cancans médiatiques. Dans cet article, on lui prêtait une liaison sulfureuse avec un milliardaire italien, détenteur du bateau où eut lieu cette soirée. La photographie semblait un cliché banal, qui ne permettait pas d'affirmer ou d'infirmer une quelconque liaison avec qui que ce fut. Stella, drapée dans une magnifique robe Galliano, tenait à son bras un homme plus âgé qu'elle d'une décennie. Cet homme, cité en lettres capitales dans l'article, était Angelo Bartolomeo, un riche héritier d'une famille italienne qui avait réussi dans le monde de la finance. On lui attribuait un nombre pharamineux de conquête mais aucune n'avait réussi à le marier. A sa gauche, se tenait une agréable jeune femme de type eurasienne qui dévorait des yeux le bellâtre italien. En toile de fond, je reconnus mon visiteur et fis mine de ne pas le voir.

 L'inspecteur ne remarqua que le premier plan. Il contacte les gardes côte de Corse afin de savoir si le bateau était encore amarré dans la baie d'Ajaccio. Ceux-ci confirmèrent la présence du yacht, mais le propriétaire avait fait affrété un avion pour se rendre sur le continent. Il demanda la destination exacte de l'avion car il devait impérativement contacter cet homme. Paris Le Bourget était le lieu d'atterrissage qui était prévu pour quinze heure cette après-midi.Il donna des instructions aux douaniers de l'aéroport afin d'intercepter cet homme de manière cordiale.

 En attendant d'en savoir plus, l'inspecteur me conseilla de retourner me reposer. Pour le moment, il devait s'occuper d'autres affaires en cours. Nous nous donnâmes rendez-vous pour quatorze heure au poste.

 Je suivais les conseils de l'inspecteur. Il fallait,avant de retourner chez moi, échafauder un plan afin d'analyser les empruntes du verre. Je pris l'ascenseur, descendis au service de la morgue et demandais à rencontrer le médecin légiste. Celui-ci apparut, je lui confiais mon butin en lui précisant que l'inspecteur avait omis de lui remettre lors de leur rencontre. Je lui donnais mes coordonnées téléphoniques afin qu'il me communique ses conclusions en précisant que je me chargeais de les transmettre à l'inspecteur. Cette histoire ne le perturba pas le moins du monde.

Ma mission accomplie, je retournais chez moi.....

Rédigé par alapage

Publié dans #Once upon a time...

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