Dis raconte moi une histoire (suite)

Publié le 4 Septembre 2010

 Malgré mes haut-le-coeur, je restais les yeux fixés sur le corps de mon amie. Je regardais les entailles creusées sur la poitrine. Elles avaient une forme assez particulière. Voyant que mon attention se portait sur ces lacérations, le médecin légiste se lança dans des explications techniques. Il s'agissait d'un objet tranchant, assez fin de type scalpel et extrêmement bien affûté. Ce qui le chagrinait: c'est qu'il n'arrivait pas à déterminer la provenance de l'arme. Il avait transmis à des spécialistes en arme ancienne le type de trace laissé dans les plaies car il pouvait s'agir d'objet datant du début du XVIIIème ou XIXème siècle. De toute évidence, ce n'était pas une arme employée par des voleurs à la tire ou des tueurs à gage. Je tressaillis en entendant parler de tueur à gage. Pour le légiste, l'assassin était un fétichiste ou un pervers très intelligent.

 Ce qui l'intriguait aussi était le nombre de coups portés: six cent soixante six (le chiffre du diable). De nature scientifique, il avait fait des recherches plus avancées. Ce chiffre avait été attribué au diable par les premiers chrétiens qui avaient été persécutés par Néron. Celui-ci fut identifié comme le diable.

 Je fus surprise de voir ses cheveux recouverts d'une infime pellicule blanche, que je n'avais point remarqué la première fois,qui je le reconnais avait été assez brève. Des bribes de souvenir venaient me tarauder l'esprit, elle avait les cheveux humides quand elle était arrivée à la morgue.

 Voyant que je m'attardais sur sa chevelure, le médecin m'indiqua qu'on lui avait lavé les cheveux ainsi que le corps avant de la jeter dans la ruelle. Il était intimement convaincu que le crime n'avait pas eu lieu dans cette ruelle malfamée. Le sang était quasiment inexistant dans le reste de son corps. Du aux nombreuses blessures infligées, elle se serait vidée de son sang et dans cette ruelle sombre, les agents n'en avaient retrouvé aucune trace. La commissure des plaies étaient sèches. Pour le moment, la pellicule de couleur blanchâtre retrouvée sur les cheveux était en cours d'analyse. Cela permettrait de déterminer le lieu du meurtre ou de retracer son itinéraire avant sa mort.

 Nous laissâmes les scientifiques à leurs expériences et nous remontâmes dans le bureau de l'inspecteur. Il me gratifia d'un sourire pour mon aplomb face au corps. Mon esprit avait bien visualisé tous les aspects de la blessure, son nombre cité à maintes reprises par le médecin et surtout le fait que le corps avait été déplacé. Où avait-elle été tuée?....

Rédigé par alapage

Publié dans #Once upon a time...

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