Dis raconte moi une histoire (suite)

Publié le 25 Juillet 2010

 Enfin en sécurité dans mon appartement, je m'affalais sur un fauteuil pour reprendre mon souffle. Je n'avais même pas ôté mon imperméable qui commençait à goutter sur le sol. Je décidais de l'enlever et de le pendre au patère de l'entrée.

Je me sentais lasse. Il fallait que je mange pour reprendre des forces, assez de force pour réfléchir. La marche ne m'avait pas éclairci l'esprit, elle avait ajouté des éléments supplémentaires à ma réflexion qui compliquaient encore plus ma situation.

 Je regardais bouillir l'eau dans ma casserole sur ma cuisinière dernier modèle high-tech (où il fallait au moins avoir lu six fois la notice, avoir harceler le service après vente en leur affirmant qu'elle ne fonctionnait pas pour enfin savoir dompter l'animal:chose que j'avais enfin réalisé).Oui, j'avais décidé de manger des pâtes car j'avais entendu dire qu'un sportif, avant chaque combat, se restaurait ainsi. Mon combat allait être dur et éprouvant pour ma faible carapace. Je m'attablais en prenant un stylo et un bloc-note afin d'y inscrire tous les éléments qui s'étaient déroulés au restaurant. Il fallait que j'entre dans la peau d'un détective ou d'un inspecteur (la variante était assez faible). A vrai-dire, dans mon entourage, il n'y avait pas de détective à qui se référait. J'en connaissais sortie de séries télévisées, mais je doutais franchement de leur efficacité sur le terrain de la vie. Je conçois que Colombo avait du talent, je possédais l'imper. et il ne me restais plus qu'à me munir d'un chien et de son sens de la question. Après mures réflexions, je décidais de rester moi-même. J'étais rédactrice dans une maison d'édition et j'étais à même de noter les détails d'une soirée et de poser les bonnes questions. Certes, je devais commencer pas les questions que la police était susceptible de poser.

 Avant toute chose, je prenais mon portable et composais le numéro de Stella. J'atteignis directement sa boîte vocale. Sa voix douce me fit monter les larmes aux yeux. Je laissais le message suivant: "Stella, quand tu auras ce message, rappelle moi!" Je raccrochais en aillant pris soin d'appuyer sur la touche 5 qui permettait de valider l'urgence du message. Pourquoi, n'avais-je pas fait cela plutôt, je ne le savais pas. Il fallait contacter la police en sachant que celle-ci me rirait sûrement au nez, nous ne prenons en considération les disparitions qu'à partir de vingt-quatre heure d'absence. Mais cette disparition était différente, il y avait préméditation et non consentement.

 Je décidais de changer de tenue, pour me réchauffer et pour me sentir plus à l'aise au cas où la situation tournerait à mon désavantage et que je sois obligée de courir (chose que je n'avais plus pratiqué depuis le collège). J'avais mi un jean, un t-shirt d'un grand couturier que je recouvrais du pull assorti et de magnifique basket qui n'avaient jamais touché le sol. Elles étaient confortable donc pratique. J'enfouis dans un sac à dos, mon bloc-note et son stylo, mes papiers d'identité, un passeport, de l'argent et des gâteaux accompagnées d'eau. J'étais prête pour le combat. Un combat ne se gagne pas seulement avec des arguments, une arme peut toujours servir. Je grimpais sur une chaise pour saisir une boîte fleurie que ma grand-mère m'avait offert le jour où j'avais quitté mes parents pour vivre enfin seule. Je me souviens de ses mots:"un jour, tu en auras peut-être besoin" (toujours les bons conseils). La boîte contenait un beretta qui je suppose n'avait jamais servi, tout au moins l'avais-je espéré. Dans un moment de lucidité, je me fis la réflexion suivante: il serait judicieux de ne pas l'emmener dans un commissariat afin de faire une déclaration de disparition. J'aurais été soupçonnée de meurtre sans cadavre....

Rédigé par alapage

Publié dans #Once upon a time...

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