Les aérostats : Amélie Nothomb

Publié le 13 Septembre 2020

Les aérostats : Amélie Nothomb

Vous me direz encore un « Amélie Nothomb » et je vous rétorquerai une rentrée littéraire sans un livre d’Amélie Nothomb serait de mauvais augure.

Donc, ma fidèle amie m’a prêté son dernier achat.

Sans réticence aucune, j’ai passé une heure et demi de lecture paisible. Le sujet agréablement choisi donnait à entrevoir un bon roman. « Les aérostats », un titre alléchant et emprunt de mystère, dont je vous dévoile le début de l’intrigue. Ange, une étudiante bruxelloise, contactée pour soigner la dyslexie d’un ado, découvre les névroses d’une famille.

Amélie Nothomb, par le truchement de découvertes littéraires (Stendhal, Homère, Kafka, Dostoïevski...) émancipe Pie, un adolescent solitaire, enfermé dans une famille Hitchcockienne. L’auteur confronte deux solitudes : une étudiante de 19 ans et un ado de 16 ans. Ces deux vies sont- elles si différentes ? La maturité, fait-elle de nous des animaux plus sociables ? Le sujet de ce roman donne à réfléchir sur notre complexité avec le rapport aux autres et notre perception du réel.

Comme à mon habitude, je reprocherai une fin abrupte qui s’achève en eau de boudin. J’accorde un bémol à mon sentiment, son écriture demeure une parenthèse apaisante.

- Oui, on dirait qu’ils ont du plaisir à voir les hommes s’affronter. On les comprend : le récit des affrontements est passionnant et magnifique. Ce qui est énervant, c’est qu’on sent qu’Homère est pour les Grecs.
- Il est grec.
- Et alors ? Je ne suis pas troyen et je suis de leur côté. »

« Le rejet du père n’est pas réservé à l’adolescence. Ce que je hais chez mon père, ce n’est pas sa paternité, c’est le sort qu’il me propose : à partir du vingtième siècle, l’héritage que nous laisse la génération précédente, c’est la mort. Même pas la mort instantanée : il s’agit de trainer une longue angoisse de cancrelat blessé avant d’être écrasé. »

- Les invités. Il y en a peu mais parfois mes parents reçoivent. D’où la somptueuse maison. Mon père et ma mère n’en ont rien à faire de ce qu’ils nomment pompeusement leur « art de vivre », les beaux meubles, les livres, la belle vaisselle, les repas raffinés. Mais ils tiennent à ce que les invités soient impressionnés. Quand ils ne reçoivent pas, ils mangent n’importe quoi et passent leurs journées et leurs soirées dans le néant. »

Rédigé par toujoursalapage

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