Poèmes Saturniens : Paul Verlaine

Publié le 26 Avril 2020

Poèmes Saturniens : Paul Verlaine

Levez la main, les élèves qui n'ont pas appris par coeur les poèmes de Verlaine, au lycée; période où Paul Verlaine les écrit. 

Il est temps de se rafraîchir la mémoire !

Juste un petit débriefing sur l'oeuvre : 

L'influence de Saturne, planète maligne, accapare ce recueil. La lecture se fait enchanteresse. L'auteur sème au gré de ses humeurs, la nature bucolique par touche successive comme le ferait avec ravissement les peintres impressionnistes ou plus tard les symbolistes, l'amour multiple et séduisant et la mélancolie qui étouffe l'âme du poète.

 

Laissez-vous glisser dans ces rêveries pour vous échapper du monde réel !

L'ANGOISSE

Nature, rien de toi ne m'émeut, ni les champs
Nourriciers, ni l'écho vermeil des pastorales
Siciliennes, ni les pompes aurorales,
Ni la solennité dolente des couchants.

Je ris de l'Art, je ris de l'Homme aussi, des chants,
Des vers, des temples grecs et des tours en spirales
Qu'étirent dans le ciel vide les cathédrales,
Et je vois du même oeil les bons et les méchants,
Je ne crois pas en Dieu, J'abjure et le renie
Toute pensée, et quant à la vieille ironie,
L'Amour, je voudrais bien qu'on ne m'en parlât plus.

Lasse de vivre, ayant peur de mourir, pareille
Au Brick perdu jouet du flux et du reflux,
Mon âme pour d'affreux naufrages appareille.

CHANSON D'AUTOMNE

Les sanglots longs
Des violons
De l'automne
Blessent mon coeur
D'une langueur
Monotone.

Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l'heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure;

Et je m'en vais
Au vent mauvais
Qui m'emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.

SUB URBE

Les petits ifs du cimetière
Frémissent au vent hiémal,
Dans la glaciale lumière.

Avec des bruits sourds qui font mal,
Les croix de bois des tombes neuves
Vibrent sur un ton anormal.

Silencieux comme les fleuves,
Mais gros de pleurs comme eux des flots,
Les fils, les mères et les veuves,

Par les détours du triste enclos,
S'écoulent, - lente théorie,
Au Rythme heurté des sanglots.

Le sol sous les pieds glisse et crie,
Là-haut de grands nuages tors
S'échevèlent avec furie.

Pénétrant comme le remords,
Tombe un froid lourd qui vous écoeure,
Et qui doit filtrer chez les morts,

Chez les pauvres morts, à toute heure
Seuls, et sans cesse grelottants,
- Qu'on les oublie ou qu'on les pleure !-

Ah! vienne vite le Printemps,
Et son clair soleil qui caresse,

(suite de SUR URBE)
Et ses doux oiseaux caquetants!

Refleurisse l'enchanteresse
Gloire des jardins et des champs
Que l'âpre hiver tient en détresse!

Et que,- des levers aux couchants,
L'or dilaté d'un ciel sans bornes
Berce de parfums et de chants,

Chers endormis, vos sommeils mornes !

Rédigé par toujoursalapage

Publié dans #Poésie, #Verlaine, #poèmes saturniens, #Symbolisme

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T
Bonjour<br /> Voici un bon moyen de supprimer les pubs de vos blogs overblog : http://supprimer-la-publicite-sur-overblog.blogspot.com/<br /> Ca marche trés bien si on suis le tuto ;)<br /> <br /> Merci pour votre travail
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