Les femmes sont occupées : Samira El Ayachi

Publié le 6 Octobre 2019

Les femmes sont occupées : Samira El Ayachi

Bienvenue dans l’absurdité de la vie de cette autrice de théâtre qui doit mener de front sa vie professionnelle, sa vie étudiante et enfin son rôle de maman solo (qu’elle n’a pas choisi mais qui lui est tombé dessus suite au glas du divorce). Divorce dont la sentence est irrévocable : Le Petit chose restera avec sa mère, le père aura l’enfant deux week-end dans le mois et quelques jours pendant les vacances. Et oui, Monsieur a un travail prenant et ne peut s’occuper continuellement d’un enfant ! Tandis que Madame a un rôle à tenir. Celui de MERE !

 

La narratrice se trouve donc face à une réalité : les femmes solos doivent savoir affronter le monde réel conçu pour les hommes ou les femmes riches. La narratrice fait une constatation implacable : La femme doit être professionnelle, mère, amante sans jamais se sentir fatiguée !

 

Bienvenue dans cette réalité. 

 

Le texte tient des propos réels sur les difficultés rencontrées par les familles monoparentale. La confrontation avec des institutions qui réduisent en cendres les rêves des mères célibataires qui cherchent des solutions plus agréables pour leur progéniture. Ces femmes doivent travailler pour subvenir aux besoins de l’enfant qui n’a quant à lui rien demander à cette situation. La culpabilisation de ne plus être dans la norme plombe d’avantage le moral de cette maman. 

 

J’émettrai un bémol quant à la diabolisation de l’Homme dans toute sa splendeur. Certes des barricades doivent être anéanties que des mentalités doivent changer mais ne faisons pas de l’homme un ennemi à abattre mais plutôt un allié pour faire évoluer les mentalités.

 

Le lendemain de son départ, tu as enfilé un jogging, des baskets. Tu t’es dirigée droit sur le mur du fond. Tu as pris une inspiration. Mis la radio sur Chérie FM. Et déchiré la tapisserie. Toute la tapisserie. Des mètres de pans de papiers mouillés au savon de Marseille et encore imbibés d’épilogues sans queue ni tête passent le long de tes doigts. Pissent sur le parquet. T’as retiré la peau vieille. Toute la journée. Toute la nuit. Trois jours durant. A t’en arracher les poumons. Tout mis dans des sacs. Les sacs aux ordures. Les ordures à la déchetterie. La déchetterie en feu

Le monde est fait pour deux catégories de personnes. Les hommes. Les femmes riches. Les autres se retirent sur la pointe des pieds en riant doucement et en s’excusant.

Tu fais le constat que Sésame ouvre de moins en moins ses portes, et d’autant moins facilement pour tes contemporaines et toi que pour vos congénères mâles. Tout. Absolument tout doit tenir dans une fenêtre de temps serrée. Carrière, vie amoureuse, maternité. La femme moderne a une petite fenêtre de temps pour réaliser le quartet gagnant. 1) Réussir sa vie professionnelle. 2) Trouver le bon mec. 3) Faire un ou deux enfants. 4) Rentrer quand même dans un 36 avec des fesses super bombées. S’épanouir, dit-on. Se réaliser. S’émanciper. Le tout en très peu de temps.

Rédigé par toujoursalapage

Publié dans #2019, #Roman, #Samira El Ayachi, #L'aube

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