A nous, l'Eternité !

Publié le 23 Juin 2019

A nous, l'Eternité !

c'est cette acclamation qui transpire du dernier roman de Marc Dugain : Transparence.

L'Eternité, mais à quel prix ! Cassandre, issue de la nouvelle génération d'informaticiens, bercé au son du transhumanisme a décidé de pousser ses recherches encore plus loin, pour offrir au monde l'immortalité. Infiltrée dans la grande entreprise Google, grâce à sa société Transparence qui collecte toutes les informations que l'homme offre de bonnes grâces à des collecteurs d'informations. Elle amasse les ressentis de chaque être, leur goût, leur tendance sexuelle, leur volonté ou non de nuire.

Avec douze autres personnes, elle a décidé d'offrir selon des algorithmes précis une vie éternelle à des personnes stables, sociables et respectueuses de la Terre. Cependant, cette utopie est-elle réalisable ? Certes l'immortalité apporte aussi son lot de contrainte, comme l'impossibilité de se reproduire.

 

A travers ce conte d'anticipation, l'auteur attire notre attention sur nos choix politiques, tire la sonnette d'alarme sur la suprématie de l'informatique, le diktat des lobbyistes mais sur le respect que nous devons apporter à notre Terre nourricière. Il faut stopper l'injonction de l'argent comme seul moyen d'exister. L'Homme doit revenir au coeur du système.

 

Ce livre se veut cathartique pour reprendre le contrôle de nos existences. La scénographie accentue les éléments révélateurs de la nature profonde de Cassandre. Sa révolution sème le trouble dans les sphères étatiques mais aussi spirituelles. Marc Dugain dissèque l'homme à la fois dans sa chair mais intrinsèquement son esprit bercé par les lois mystiques et judiciaires. Aucun pan de ce qui constitue l'homme n'est épargné. 

A lire jusqu'à la fin qui vous réserve bien des surprises ! A prendre en vacances!

(...) Tant qu'il y a des hommes, on peut tracer la ligne d'une perspective, définir les contours d'une dramaturgie, mais sans eux, le monde ne se réfléchit plus. La réflexion disparaîtra d'avoir renoncer à réfléchir, la pensée meurt d'une absence de pensée, l'espèce humaine est victime des mirages de sa socialisation autour du fétichisme de l'objet. Nous devons reprendre les choses depuis le début, au niveau de la plus petite cellule humaine, et apprendre à tisser un nouveau maillage des consciences et des intérêts collectifs, redéfinir les utilités, vivre à la hauteur de notre esprit et non pas de notre seul estomac et de notre projection sociale absurde. Il faut restaurer d'urgence la spiritualité, cette aspiration produite par la nature pour contrarier les forces de la gravité qui nous collent au sol et à ses contingences.

(...) Votre transhumanisme est celui du désespoir et de la fin de l'homme, j'ai voulu au contraire rendre ceux qui vivent aujourd'hui éternels demain, à la seule condition qu'ils soient en harmonie avec une société qui respecte autrui et son environnement. Votre démarche est eugéniste, comme l'a été le nazisme avant vous, vous voulez une race pure nouvelle, entièrement technologique, alors que je n'ai fait que revenir aux fondamentaux du christianisme, comme ont essayé de le faire les humanistes, même lorsqu'ils étaient les plus grands pourfendeurs de l'Eglise.

C'est en écrivant ces lignes que je réalise que jamais personnes n'avait disposé comme moi d'un tel droit de vie et de mort sur les autres. A la différence des grands dictateurs meurtriers, je n'ôtais pas la vie, je ne tuais pas, je me contentais, ainsi qu'il est prévu dans la Bible, de ne pas ressusciter des hommes et des femmes qui ne méritait pas la vie éternelle du point de vue du texte. Il n'était simplement plus question de paradis, de Royaume des cieux mais d'une planète éternellement réservée à ceux qui la méritaient. Le paradis se trouvait bien sur Terre.

Rédigé par toujoursalapage

Publié dans #roman, #Marc Dugain, #Gallimard, #Transparence, #Immortalité

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