enfin un "vrai" Amélie Nothomb !

Publié le 17 Septembre 2018

enfin un "vrai" Amélie Nothomb !

  Depuis quelques années, j'avoue accorder une très faible indulgence à l'oeuvre prolifique de l'auteure Amélie Nothomb. Cependant, je continuais à espérer une nouvelle rencontre avec l'auteure miraculeuse de "Stupeur et tremblement". Quel fut mon étonnement de retrouver sa verse et son analyse dans son dernier roman "Les prénoms épicènes"!

 

  Une histoire d'amour basée sur la vengeance mais laquelle; celle d'une femme pour un homme, un homme pour une reconquête ou une fille pour son père ? Epicène nait d'une union étrange par ses rapports amoureux. Dominique aime Claude mais Claude aime-t-il Dominique en retour?

 

 Amélie Nothomb décrit une situation tragique vécue par trois femmes, fomentée par un psychopathe. Elle dépose au fil des lignes le canevas d'une manipulation diabolique. Elle dépeint divers traits de caractère. Le lecteur s'attache rapidement à Epicène qui s'est recroquevillée dans une coquille et comprend cette volonté de fuir ce père haïssable et haïssant. Les mots sont forts et d'une gravité sans nom, tant la manipulation excelle. L'absence de geste affectif révèle une haine ourdie depuis plus de vingt-cinq ans. Le geste final est juste salvateur. 

 

  Amélie Nothomb le clame haut et fort :"La personne qui aime est toujours la plus forte".

 

  Je recommande de lire "Les prénoms épicènes" à ceux qui ont oublié cette auteure par lassitude.

Il ne décolère pas.
Décolérer est ce verbe qui ne tolère que la négation. Vous ne lirez jamais que quelqu'un décolère. Pourquoi? Parce que la colère est précieuse, qui protège du désespoir.

- Mon père est un monstre. Il me hais depuis ma naissance. Il ne me tue pas, parce que c'est interdit par la loi. Il invente d'autres manières de me tuer. Ce qu'il ne sait pas, c'est que je le hais. Je le hais encore plus qu'il me hait. Et un jour, je ne sais pas comment, je le tuerai.

- Elle ressemble à sa mère aussi.
- Comme sa mère n'existe pas, cela ne me dérange pas. En revanche, sa ressemblance avec moi m'a toujours profondément gêné. Ma fille est mon échec : je ne réussis pas à ne rien ressentir à son égard.
- Oui. Tu l'aimes.
- Je la hais. Je ne peux pas te dire à quel point.

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Rédigé par toujoursalapage

Publié dans #rentrée littéraire 2018, Amélie Nothomb, #Albin Michel, #Roman

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Commenter cet article
L
Même sentiment de lassitude pour un roman à chaque rentrée et un côté simpliste par moments Je prévois de le lire, Je rapproche sa conclusion de "vous n'aurez pas ma haine" Antoine Léris dans la vraie vie. A propos je viens de lire "les rêveurs" je recommande.....
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T
Je note.