ALMA : Retour en terre connue

Publié le 5 Juillet 2018

ALMA : Retour en terre connue

J.M.G. Leclézio retourne sur la terre de ses ancêtres pour notre plus grand bonheur à la recherche du Dodo, l'oiseau emblématique et mystérieux découvert à l'île Maurice. Cependant Dodo est aussi Dominique un enfant défiguré durant son adolescence en quête de ses racines. Le narrateur, lui aussi, retourne sur les traces de son père (appartenant à la bonne famille Fersen) issu de la diaspora et Dominique part en France suivre les traces de son passé. Deux quêtes initiatiques qui se racontent simultanément avec une volonté de connaître la vérité sur leur racine. Les deux personnages font partie de la même famille et dialoguent dans un rythme régulier au fil des pages.

 

Le lecteur se trouve confronter réellement à trois histoires : un enfant défiguré par la maladie, un enfant en quête d'identité et le fameux dodo (disparu des îles). 

 

Dans ce roman, J.M.G. Leclézio se livre sur sa famille, ses racines mauriciennes et l'esclavagisme. De nouveau la notion de culpabilité hante cet écrivain issu d'une famille d'esclavagistes. Il lutte contre ses démons qui ont fait de lui ce qu'il est. Il ne cherche pas à se défausser d'un pan de son histoire, il veut se l'approprier pour mieux la comprendre et lutter contre ce fléau. Accepter ses racines permet de posséder son présent.

 

L'auteur bénéficie du pouvoir de transporter le lecteur vers les terres chaudes, de faire ressentir la moiteur du soleil. Chaque page transpire d'amour de ce pays. Il transcende cette contrée magnifique. Les descriptions des personnages dans les moindres détails accordent au récit une épaisseur supplémentaire.

 

Si vous avez aimé "Onitsha" vous ne serez pas déçu par ce nouveau roman du prix Nobel de littérature.

 

Heureuse d'avoir découvert ce beau pays ! A lire!

J'ai commencé par le commencement. je ne savais rien d'autre que ce que j'avais lu dans les livres. Je n'avais rien imaginé. D'abord, la pierre de gésier dans la main, comme damant, je vais marcher au milieu des cannes, vers Savinia, La Baraque, Le Chaland. Je vais mettre mes pas dans ceux de mon père. Je vais revivre le temps de son enfance, lorsqu'il s'aventure tout seul dans les cannes coupées, sous le poids du soleil, et qu'il voit cette forme blanche, pareille à un oeuf, au milieu des pailles. Bien sûr, je ne chercherai rien. On ne trouve pas deux fois une chose de cette importance.

Krystal, le nom m'a donné envie de rire. Depuis quand les filles de Mahébourg s'appellent Krystal? C'est le surnom qu'elle s'est choisi pour draguer dans les bars, un nom qu'elle a trouvé dans un magazine, ou qu'elle a pris dans une telenovela. Un nom pour un rêve de luxe, un nom pour oublier les taudis de Bambous ou de Vallée des Prêtres, les rues poussiéreuses, les terrains défoncés où les jeunes vont boire des cannettes et fumer de la gandja, les cris, les insultes, les batailles rangées et les bouteilles vidées.

Ici, il fait sombre, il fait froid. L'air est immobile. L'air est chargé de vapeur de charbon, les murs sans fenêtres sont couverts de mousse, le sol en dalles est traître, glissant, il faut marcher à petits pas, en boitant, les ongles crissent sur la pierre sans s'enfoncer, il n'y a pas de terre, pas de douceur.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Rédigé par toujoursalapage

Publié dans #Y a quelqu'un qui m'a dit..., #Année 2018; Roman, #Leclézio, #île Maurice

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
L
Tu mes donnes envie de le lire. J'avais aimé un extrait de cet auteur pour le BAC il y a bien longtemps maintenant^^, et je me suis toujours dit que je lirai un de ces livres mais pour l'instant je ne l'ai pas encore fait (même si j'en ai un dans ma PAL). Je pense ajouter celui-ci...
Répondre
T
Tu ne seras pas déçue.