Naissance d'un classique : Eric Bulliard et Christophe Dutoit, Illustrations François Maret

Publié le 17 Mars 2018

Naissance d'un classique : Eric Bulliard et Christophe Dutoit, Illustrations François Maret

  Se cultiver : concept parfois rébarbatif dont tous les bien-pensants nous assassinent les oreilles. 

  Pour pallier cette corvée pour certains et bonheur pour les autres, deux auteurs suisses offrent à leurs lecteurs la possibilité de comprendre des oeuvres cultes non de manière soporifique mais de manière didactique. "Naissance d'un classique" pioche dans les oeuvres littéraires, musicales, picturales, cinématographiques le destin parfois chaotique de ces créations. 

  La technique se veut brève, truffée d'anecdotes. Les auteurs citent leurs sources pour compléter notre propre connaissance. Les illustrations apportent un souffle humoristique permettant une pause dans cette lecture rapide.

  J'ai apprécié les mises en relief dans les paragraphes "Cette année-là".

 

  Du Boss (Bruce Springsteen: juste pour mon plaisir) en passant par le dernier album de Brel, la culture musicale se dessine. L'art pictural (parfois incompris) d'Yves Klein (Les bleus) au retour de Michel-Ange, le coup de pinceau se précise. La littérature ne reste pas sur le banc de touche et nous révèle un Victor Hugo criant de vérité et un Edmond Rostand empli de doute.

 

  Ce recueil est une source inspirante qui donne envie de retourner à Rome voir la chapelle Sixtine, de visionner encore une fois "Apocalypse Now" de continuer sur Manhattan de Woody Allen, de se laisser porter par le Boss et de lire d'excellents classiques.

 

  Cette petite pépite se lit en très peu de temps et le lecteur en sort grandi. N'est-ce pas là, le plaisir de se cultiver?

"Guerrillero heroico, Alberto Korda, 1960"

Guerrillero heroico, le portrait de Che Guevara par Alberto Korda, fait aujourd'hui partie des images les plus reproduites au monde avec La Joconde, de Léonard de Vinci. Prise le 5 mars 1960 à La Havane, elle restera anonymement punaisée durant sept ans dans le laboratoire du photographe. Jusqu'à ce que le révolutionnaire fût froidement exécuté en Bolivie et que ce cliché soit utilisé pour produire des millions de posters à l'effigie du Comandante.

"Les Misérables, Victor Hugo, 1862"

Evidemment, le dessein de Hugo dépasse largement la pure émotion. Sûr de son chef-d'oeuvre, de la portée de son roman ("ce livre est un drame dont le premier personnage est l'infini. L'homme est le second."), il y voit un plaidoyer pour une société plus juste. Peu enclin au doute, il savait que ses Misérables allaient garder leur impact à travers les siècles et les continents : "Tant qu'il y aura sur la terre ignorance et misère, des livres de la nature de celui-ci pourront ne pas être inutiles."

"Le Jugement dernier, Michelangelo Buonarroti ,1541"

Surtout, l'accumulation de corps nus fait jaser dans le cénacle vatican. Biagio da Cesena voit l'oeuvre en cours d'élaboration et se désole "qu'autant de nus montrent si indécemment leur partie honteuse dans la chapelle du pape. Cette oeuvre est digne de sudatoire (anciens bains de vapeur) et de tavernes." Michel-Ange se venge en le représentant sous les traits de Minos, avec un serpent entre les jambes.
Vexé, le maître de cérémonie supplie Paul III de faire effacer son visage, mais le pape lui rétorque :"J'ai reçu de Dieu un pouvoir absolu dans le ciel et sur la terre. Mais je ne puis rien en enfer. Alors restez-y!" En une phrase, Biagio gagna les honneurs de l'éternité...

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Rédigé par toujoursalapage

Publié dans #Un petit suisse

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