Minute, papillon! Aurélie Valognes

Publié le 1 Novembre 2017

Minute, papillon! Aurélie Valognes

  Rose, âgée de 36 ans, doit refaire sa vie ou donner un second souffle à la sienne. Mère d'un garçon de 18 ans qui décide de vivre avec sa fiancée qui est enceinte. Des coups de massue que Rose a des difficultés à assumer. Elle accepte un emploi de dog-sitter pour pouvoir réellement s'occuper de la mère de son employé. Cependant, la question se pose - qui aide qui? dans cette histoire.

 

 Sur le ton d'une rencontre fortuite, Aurélie Valognes survole le problème de l'abandon, des mensonges mais aussi l'exigence d'être un être parfait tel que la société l'impose aux femmes. 

 

  Mon avis : je reste sur ma faim. Autant les livres précédents avaient de la vitalité autant celui-ci est fade, mélancolique, voire morose. Certes le lecteur compatit à la détresse de cette mère abandonnée par sa progéniture mais attend qu'elle se ressaisisse rapidement. Le lecteur trentenaire ou quarantenaire ne se retrouve pas dans le personnage de Rose qui perd de sa crédibilité par son manque de réactivité.

 

  Le thème reste abordé en surface. Le lecteur espère une vision psychologique du drame familial de l'abandon. La solitude d'une vie ne se règle pas en deux coups de cuillère à pot. Les questions sont posées mais restent en suspens. (dommage). Le soufflet est retombé malgré une happy-end trop grosse à avaler. Cependant, pour les éternels optimistes, espérant une fin heureuse, leur bonheur sera atteint.

 

  Le point positif demeure une rédaction fluide qui permet de se détendre.

-Ah, ça ! J'ai fait de la pâte à sel. J'ai commencé des cours de méditation et ils recommandent de trouver une activité pour se vider la tête. J'ai essayé le coloriage, mais ce n'est pas pour moi. Alors je teste des activités manuelles, qui ruinent ma cuisine et ma couleur. Et attention, maintenant, je me lève tous les jours à 5 heures du matin. Ils appellent ça le Power Morning. Résultat : je suis crevée et passe mon temps à bâiller au cabinet. Je me suis même complètement décrédibilisée auprès des autres avocats quand, l'autre jour, il y en a un qui m'a surprise à faire la sieste dans mon bureau.

Colette avait pris conscience qu'en croyant bien faire, depuis des années, elle provoquait des catastrophes. La plus grande d'entre elles étant sa propre fille, Véronique, qui était devenue sous ses yeux un monstre d'égoïsme, sous une épaisse couche de superficialité. Elle n'avait rien vu venir. En s'investissant à corps perdu dans ses associations, elle n'avait pas pris conscience qu'elle avait délaissé Véronique : le moindre chien perdu passait avant elle ! La culpabilité la rongeait désormais. Véronique suivait une thérapie et cela avait fait ressurgir ses propres fantômes. Colette dut admettre qu'elle était dans le déni. Elle n'avait rien vu des souffrances de sa fille, rien vu de sa boulimie, de sa fragilité. Désormais, elle était punie d'avoir été aveugle.

D'un sourire énigmatique, elle répondit simplement en se touchant le ventre :
- Minute, papillon ! ça, c'est une autre histoire...

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Rédigé par toujoursalapage

Publié dans #Y a quelqu'un qui m'a dit..., #Rentrée littéraire 2017

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