Quinze rounds : Richard Bohringer

Publié le 19 Juin 2016

Quinze rounds : Richard Bohringer

        J'ai bu tout mon saoul au son grave de la voix de Bohringer. Personnage troublant et attachant qui décoche, avec tendresse, ses flèches d'affection.

    Personnage connu mais tellement blessé par la vie se livre à travers un épanchement libérateur. La vie est un combat tenace et ardu. Bohringer arbore son costume de boxeur et se bat contre un cancer (nouveau combat), comme une dernière lutte face à cette mort qui le harcèle depuis l'enfance.

         Lui, qui a bravé tous les interdits : de l'alcool en passant par l'héroïne, aimant les femmes espérant simplement être aimé.

 

     Bohringer, à travers ses quinze rounds, balance, jette avec désinvolture et arrogance tous les "je t'aime" resté coincé au fond de son coeur. Ses yeux verts, avides de tendresse, marquent encore des points dans l'admiration collective.

 

         L'écorché vif accentue chez ses admirateurs ce pathos tant refoulé. Ce roman est la catharsis de ce poète maudit (qui se refuse à cette comparaison). Il devient le mentor désoeuvré qui ouvre le chemin de la créativité aux écrivains, aux peintres qui désirent être reconnus.

         Bohringer symbolise ce joueur de Jazz, au fond de la boîte de nuit, qui offre sa vie au public avec pudeur et qui se livre un combat violent et destructeur dans son for intérieur.

 

       Le texte est rude et rédempteur. J'ai admiré cette leçon de courage, car l'auteur n'attend pas de pardon. Il doit lutter pour survivre comme il l'a toujours fait. Cependant à travers ce texte, il cherche à se comprendre et à vivre en paix avec lui-même.

L'animal en moi a souvent pris le pas. Je ne marchais qu'à l'instinct. Mon instinct était infaillible. Je n'ai été trompé que par moi-même. Je me suis transformé en guerrier. Fallait que je vive. Que je survive plutôt. J'étais sûr de n'avoir aucun talent. Même pour être bandit. Un peu gigolo. De passage. Fallait que je m'invente une vie.

J'avais pas d'avenir. Il me fallait un passé.
J'ai été cruel avec innocence. La lune était mon astre, mon ultime confidente. Elle partageait mes nuits, mes errances, mes certitudes nocturnes.

J'ai décidé de n'écrire que sur les humains que j'ai aimés car ils m'ont aimé malgré les insupportables errances qui me rongeaient l'âme et me rendaient d'une grande violence verbale. Et puis sur des films oubliés auxquels j'ai aimé participer. Des pas bons, même, mais qui m'ont tous donné un moment d'existence.

Tu voulais être meilleur humain, regarder la vie et ceux qui piétinent sur la terre comme des frères. Tout ce que tu n'aimes pas en toi, je le bénis, l'asperge de la pluie à travers le soleil. Les rayures sont ton élégance et, grâce à toi, je suis moins seul. Putain d'ami voudrait enfin comprendre que même si je ne vis pas comme toi, je suis de là, de chez toi.

Les mots d'amour ne donnent pas à manger mais peuvent rassembler des coeurs. Marchons, vivants. Ensemble devenons humains, enfin: Face à toi, grâce à toi, j'ai retrouvé la liberté et l'envie de croire.
(...)

Dans un jardin noir court un rat qui cherche à boire.
La route me bouffe, je me noie dans la route.
Je suis un marin de la route. Je l'aime par tous les temps. Sans route je meurs.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Rédigé par toujoursalapage

Publié dans #Rentrée littéraire 2016

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article