Les eaux troubles du mojito : Philippe Delerm

Publié le 30 Septembre 2015

Les eaux troubles du mojito : Philippe Delerm

Poétiques et lyriques de jolis moments de bonheur à lire !

 

Philippe Delerm décante les petits bonheurs fugaces de la vie. Ils sont à la fois sucrés au cœur d'une pastèque, salés sur une plage. Les bonheurs se glissent dans le regard d'un enfant face à la lecture, derrière des sourires lors de rencontres dans des rues passantes, dans la nostalgie d'un matin volé....

Cet auteur relativise sur les bobos de la vie et redéfinit la notion de bien-être. Être heureux c'est savoir apprécier des moments fugaces qui parsèment une journée, une nuit ou une vie.

 

Aucun doute, vous apprécierez ce recueil de moment de vie qui symbolise et concrétise de manière similaire vos propres existences. Profitez d'un moment délicieux avec vos amis, votre famille! Souriez à la ronde !

 

Un moment de déprime, une légère baisse de moral lisez un bon roman, buvez un verre avec délicatesse, discutez du vrai sens de la vie et surtout VIVEZ LE PRESENT !

Alors ? Alors c'est incroyable, mais pour profiter vraiment du soir d'été, il faut que vienne au coeur l'idée de sa fragilité, la sensation qu'on le vit pour la dernière fois. j'ai fait une salade de fruits pour le dessert. Allumons une cigarette. Souvenons-nous du présent. Vivons dans le présent. Avec le sentiment que c'est presque impossible.

Rien de tel au troisième balcon. On ne possède qu'un Michel Bouquet vu d'avion, une quintessence. En tendant l'oreille on reconnaît cette voix, qui se concentre sur le personnage. Au fond du puits, une alchimie se crée. Impossible de ne pas penser à la chance que l'on a de voir Michel Bouquet dans Le Roi se meurt, puisque l'on est si près de ne pas le voir du tout, ou de voir autre chose. Il faut tant se ramasser, se pencher en avant, se concentrer, faire effort, que l'on reçoit en retour une bulle de théâtre pur, débarrassée de tous les rites sociaux contingents, de toute la bourgeoisie. On pense à la phrase de Roland Barthes :"Dans chaque tragédie de Racine il est question d'une flotte dans un port, comme pour attester que sa négation est proche." Le roi se meurt que l'on a failli ne pas voir, que l'on voit autrement, que l'on voit mal, c'est haut, c'est fort. Il faut tout vivre au troisième balcon.

Pourtant, quand le soleil vient jouer sur le métal, c'est beau, les cadenas d'amour. Tous les messages contigus dessinent une barrière d'or, en arche sur le fleuve. Paris ne s'en plaint pas, Paris est la pierre philosophale. En cinq ou six années, beaucoup de ces amours se sont évanouies sans doute, mais c'est bien comme ça, la trace en est restée, dans la rumeur des voies sur berge qui monte vers les ponts comme une brume. Est-ce vraiment si lourd, de vouloir pour l'amour un peu d'éternité? Les cadenas d'amour sont d'or, le soir ou le matin : il n'est rien de plus léger que la lumière.

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Rédigé par toujoursalapage

Publié dans #Rentrée littéraire septembre 2015

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